INTERVIEW - Le point sur la situation au Nord-Kivu avec Roland Marchal, spécialiste des conflits armés en Afrique centrale...
L'ONU s'apprête à renforcer sa présence dans l'est de la République démocratique de Congo (RDC),
alors que les combats reprennent. Le point sur la situation avec Roland Marchal, chargé de recherche au Centre d'études et de recherches internationales (CERI), spécialiste des conflits armés en Afrique centrale.
La sortie de crise en RDC est-elle diplomatique ou militaire?
Une solution militaire impliquerait le Rwanda, ce que personne ne souhaite. Les grandes puissances internationales vont devoir trouver une solution diplomatique et politique à la crise. Mais elles sont divisées dans la gestion de conflit, qui dure depuis plus de 10 ans, ce qui a empêché de régler définitivement les problèmes en 2003.
Il faut donc négocier avec les rebelles?
On ne sait pas bien ce que veut Laurent Nkunda. On peut toujours discuter avec ses alliés et lui, mais ça ne résoudra qu'une partie du conflit, et il y en aura d'autres. La communauté internationale s'est désintéressée de la RDC en 2006, après l'élection de Joseph Kabila. Elle a cru que les problèmes étaient réglés, mais ils ne l'étaient pas au niveau régional.
Que faut-il faire, alors?
Ne pas chercher de «quick fix» (solution rapide, ndlr), et ne pas se borner à régler la situation humanitaire. C'est évidemment nécessaire, mais pas suffisant. Il faut prendre conscience que la gouvernance de Joseph Kabila n'est pas exempte de tout reproche, et se repositionner politiquement par rapport à lui. Dans cette optique, l'Angola, interlocuteur de l'ONU et partenaire privilégié de Kabila, peut avoir un rôle à jouer.
Recueilli par Julien Ménielle