Qui sont les preneurs d'otages camerounais?

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Publié le 3 novembre 2008.

CAMEROUN - Le gouvernement africain s'interroge sur l'identité des ravisseurs d'un groupe de 10 personnes, dont 7 français. Aucunes négociations n'ont été ouvertes pour le moment...

Le gouvernement camerounais a émis ce lundi des doutes sur l'identité et les motivations des ravisseurs des 10 personnes, dont sept Français, enlevées dans la région de Bakassi dans la nuit du 30 au 31 octobre. Les ravisseurs affirment être prêts à «garder les otages» jusqu'à l'ouverture de négociations.

«L'existence médiatique de ce fameux groupe “les Bakassi Freedom Fighters” est avérée, mais il faut maintenant vérifier son existence réelle et savoir ce qui se cache derrière: s'agit-il, par exemple, d'un groupe de trafiquants?», a affirmé une source proche de la présidence camerounaise sous couvert de l'anonymat.

Le Niger et le Cameroun se disputent la péninsule

Les 10 otages ont été capturés sur un navire du groupe français Bourbon, le «Bourbon Sagitta», opérant sur un terminal pétrolier, au large de la péninsule de Bakassi. Sept des otages sont français, dont un franco-sénégalais, deux sont camerounais et le dernier est tunisien. Les ravisseurs ont déclaré à plusieurs reprises que ceux-ci étaient «en bonne santé».

La péninsule stratégique de Bakassi, un marécage de 1.000 km2 potentiellement riche en pétrole sur la côte Atlantique, est l'objet d'un conflit de plus de dix ans entre le Cameroun et le Nigeria.


Les Bakassi Freedom Fighters existent-ils?

«Beaucoup de missions de la Commission des Nations unies (chargée du suivi du processus de rétrocession de la péninsule de Bakassi) sont descendues sur le terrain, mais à aucun moment, on n'a relevé l'existence d'un groupe qui s'appellerait les BFF», a ajouté cette source, alors que la radio gouvernementale annonçait dans son journal du matin que le gouvernement ne connaissait pas le mouvement.

«Elles (les autorités camerounaises) ne veulent pas admettre le fait qu'il y a une lutte à Bakassi. Il y a une lutte et elles le savent», a déclaré le chef des BFF, le commandant Ebi Dari, rappelant que son groupe avait «déjà tué des soldats». «Les autorités ne nous ont toujours pas contactés. J'ai été clair: je garderai les otages tant que le gouvernement du Cameroun ne me contacte pas et ne parle pas avec moi», a-t-il conclu.

Paris en dit le moins possible

La France a estimé samedi qu'il était «de plus en plus crédible» que les BFF détenaient bien les 10 otages. Toutefois, Paris se montre très discret et le ministre de la Défense Hervé Morin a notamment déclaré dimanche: «Le mieux est d'en dire le moins possible. Nous suivons la situation avec beaucoup d'attention, une cellule de crise a été constituée. Nous avons un dialogue avec l'armateur, avec les autorités politiques locales et nous examinons la situation heure par heure. Mais permettez-moi de considérer que moins on en dit, mieux on se porte.»

Selon la radio nationale camerounaise, l'ambassadeur de France Georges Serre s'est entretenu lundi pendant 40 minutes avec le président camerounais Paul Biya sur l'affaire des otages.

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