Les otages du Cameroun ne devraient pas être tués

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Publié le 1 novembre 2008.

OTAGE - Le chef des Bakassi Freedom Fighters l'a assuré samedi...

Le groupe rebelle du Cameroun, les Bakassi Freedom Fighters, dit avoir changé d’avis. Alors qu‘ils assurent détenir dix otages, dont six Français, le chef des rebelles vient d’affirmer samedi que son groupe avait «changé d'avis» et «n'allait plus les tuer». Mais qu‘il était prêt à les «garder très longtemps».

«Nous n'allons pas les tuer. Nous avons changé d'avis après une réunion. Il n'y a plus d'ultimatum», a affirmé le commandant Dariqui, joint par téléphone depuis Libreville.

Pourtant, la veille, un autre responsable des Bakassi Freedom Fighters, le brigadier Akipee, avait menacé à plusieurs reprises de tuer les otages avant lundi: «Je commencerai à les tuer un par un à partir de lundi (...) Les 10 (otages) sont entre nos mains. Si vous ne dites pas au gouvernement camerounais de venir ici (à Bakassi) discuter avec nous, nous les tuerons tous dans trois jours».

Pourquoi ce revirement?

Les revendications du groupe rebelle sont floues. Ils affirment agir au nom des «gens de Bakassi», une péninsule dont les eaux sont potentiellement riches en pétrole et gaz, rétrocédée au Cameroun par le Nigeria le 14 août dernier après quinze ans d'un différend frontalier. On sait néanmoins que les Bakassi Freedom Fighters remettent en cause la souveraineté du Cameroun sur cette presqu’île. Le brigadier Akipee avait parlé «d'autodétermination» mais, selon des sources proches des militaires camerounais, ils chercheraient surtout des «dommages et intérêts» et «compensations financières».

Côté français,le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Eric Chevallier a déclaré samedi accueillir avec «soulagement» mais «prudence» les déclarations du groupe des Bakassi Freedom Fighters. «On était prudent sur la réalité de ces revendications hier, on reste prudent aujourd'hui».

L'appel

«Nous ne relâcherons pas (les otages) jusqu'à ce que nous obtenions ce que nous voulons: parler avec le gouvernement camerounais. Nous voulons les (représentants du gouvernement) voir et leur parler», a repris le commandant Dariqui. Il a en outre affirmé qu'il avait eu de nombreux contacts avec des journalistes mais pas «avec le gouvernement camerounais ni avec le gouvernement français. Avec personne avec qui nous voulions discuter».

Quant aux otages, ils sont «bien traités et nous continuerons à bien les traiter», a assuré le commandant. Interrogé sur où se trouvait les otages et s'il les détenait réellement, le commandant Dari a affirmé: «Les otages sont avec nous à Bakassi. Ils sont entre nos mains».



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