La crise financière mondiale ne doit pas faire oublier la crise alimentaire

CRISE Les Français de plus en plus pessimistes sur la faim dans le monde, ils voient juste...

Maud Descamps

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Mi-septembre, le directeur général de la FAO Jacques Diouf a annoncé de nouveaux chiffres alarmants sur la faim dans le monde touchant aujourd'hui de 923 à 925 millions de personnes contre 850 millions avant la flambée des prix et les émeutes qui l'ont suivie au printemps dernier.

Mi-septembre, le directeur général de la FAO Jacques Diouf a annoncé de nouveaux chiffres alarmants sur la faim dans le monde touchant aujourd'hui de 923 à 925 millions de personnes contre 850 millions avant la flambée des prix et les émeutes qui l'ont suivie au printemps dernier. — Giulio Napolitano AFP/Archives

A la veille de la Journée mondiale de l'alimentation, l'institut BVA publie un sondage montrant que les Français sont de plus en plus pessimistes à l'égard de l'évolution de la faim dans le monde dans un contexte de crise économique mondiale.

Selon cette étude, 58% des Français ont le sentiment que la question de la faim dans le monde se dégrade et pensent qu'il est possible de lutter contre ce fléau mais sans toutefois en venir totalement à bout. Un pessimisme qui semble malheureusement se vérifier.

La faim touche 75 millions de personnes supplémentaires

Aujourd'hui, 923 millions de personnes sont touchées par la faim, selon les estimations de la FAO, l'agence de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture. Une progression directement liée à la flambée des prix des denrées alimentaires et du carburant. Entre 2007 et 2008, la FAO compte 75 millions de personnes supplémentaires touchées par ce fléau. La majeure partie d'entre elles résident essentiellement dans la région Asie-Pacifique (+41 millions), l'Afrique sub-saharienne (+24 millions) et l'Amérique Latine (+6 millions).

>> Notre reportage photo sur la famine qui frappe actuellement l’Ethiopie

Selon le Programme alimentaire mondial, l'aide alimentaire internationale est tombée en 2008 à son niveau le plus bas depuis 40 ans, alors même que de plus en plus de pays ont besoin d’une aide d’urgence. Pourtant 30 milliards de dollars suffiraient pour enrayer ce fléau et assurer la sécurité alimentaire. Une somme dérisoire face aux milliards de dollars déboursés pour sauver les banques de la crise financière qui touche actuellement les pays développés.

«Pauvreté plus profonde et faim chronique»

«La communauté internationale se doit de prendre d’urgence des mesures coordonnées pour lutter contre les impacts négatifs de la flambée des prix alimentaires sur les pays et les peuples les plus vulnérables du monde» a souligné Jacques Diouf, le Directeur général de la FAO.

>> Nos photos sur les émeutes de la faim

«Si la volonté politique et les promesses des donateurs ne se transforment pas en mesures concrètes et immédiates, des millions d’autres personnes pourraient sombrer dans une pauvreté plus profonde et une faim chronique», a-t-il ajouté.