TERRORISME - Ce président d'une association italienne de victimes des Brigades rouges veut convaincre Nicolas Sarkozy de revoir sa position...
«J'ai commencé une grève de la faim et de la soif puisque le président français a été ému par celle de Marina Petrella, afin de le convaincre d'extrader la terroriste» Marina Petrella, a expliqué Bruno Berardi, président de l'Association «Domus Civitas Victimes du terrorisme et de la mafia».
Agé de 55 ans, il a également confié qu'il se rendrait le 24 octobre à Paris avec des membres de son association
pour manifester contre le refus de la France d'extrader Marina Petrella. Le père de Bruno Berardi a été assassiné par les Brigades rouges à Turin le 10 mars 1978.
Vives réactions
La décision de ne pas extrader Marina Petrella a suscité de vives réactions chez les associations de victimes du terrorisme et leurs proches, qui ont fermement condamné la décision de Paris.
«Le motif humanitaire» mis en avant par Paris pour justifier cette extradition est «inacceptable, comme si l'Italie était dépourvue de principes démocratiques», a expliqué mardi à la radio italienne Sabina Rossa, fille du syndicaliste Guido Rossa, abattu le 24 janvier 1979 par un commando des BR à Gênes.
Rappelant que le président de la République avait le droit de grâce en Italie aussi, Sabina Rossa, également députée du Parti démocrate (centre gauche), a ajouté qu’«en France, ces terroristes sont considérés comme des
persécutés politiques, de façon presque romantique. Et pourtant ils ont fait 350 morts…»
Sentiment d’humiliation
Elle fait écho au sentiment d’humiliation d’une partie de la population italienne, qui estime que la décision française dépeint l’Italie comme un pays acharné à prendre une revanche aveugle sur les terroristes des années de plomb.
«La France considère le concept d'humanité comme une marque exclusive. En Italie aussi la réhabilitation - à travers la réinsertion sociale et les soins adéquats - est garantie par la Constitution», a expliqué lundi Elisabetta Alberti Casellati, sous-secrétaire d'Etat à la justice.
Le retour de la doctrine Mitterrand
Les grands quotidiens italiens n’ont pourtant pas polémiqué lundi matin. Le «Corriere della Sera» (conservateur),
qui proposait un entretien avec Valeria Bruni Tedeschi, très impliquée dans la procédure, a souligné «le pouvoir discrétionnaire de l'Elysée». Pour
«La Repubblica» (gauche), la décision française équivaut «au retour de la doctrine Mitterrand», quand l'ancien président socialiste avait accordé l'asile à plusieurs militants ayant renoncé à la violence, dont l'écrivain Cesare Battisti. Du côté de la classe politique, la gauche radicale a salué Sarkozy, en qui elle voit «un vrai libéral».
Marina Petrella a été condamnée en 1992 à la perpétuité pour complicité dans le meurtre de l'adjoint d'un préfet de police, abattu en juin 1981 par un commando. Cette condamnation avait été prononcée à l'issue du procès «Moro ter», qui avait examiné une grande partie des attentats revendiqués par les Brigades rouges (BR) à Rome entre 1977 et 1982.
Avec agence