DECRYPTAGE - Une récompense pour la paix ou pour les droits de l’homme?...
Un prix Nobel de la paix pourquoi faire? Ils servent avant tout «à mettre à l’honneur les personnes qui se sont illustrées dans des combats pour la paix et les droits de l’homme», explique Jean-Marie Fardeau, directeur du bureau parisien de l’ONG Human Right Watch contacté par 20minutes.fr. «C’est un fantastique appui pour la cause qui est mise en avant», ajoute-t-il.
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Pour
ceux qui l’obtiennent, outre la récompense de 10 millions de couronnes suédoises (plus d’un million d’euros), le Nobel représente aussi une forme «de protection». Aussi si Aung San Suu Kii, leader de l’opposition birmane récompensée par le Nobel de la paix en
1991, vit toujours en résidence surveillée, «elle reste protégée», précise Jean-Marie Fardeau. «Ce prix continue à faire parler d’elle», explique-t-il.
Kissinger et le coup d’Etat chilien
Certains, comme le norvégien Fredrik S. Heffelmehl, regrettent la confusion entre combat pour la Paix et activisme en faveur des droits de l’homme. Mais la plupart du temps «la défense des droits de l’homme est le meilleur promoteur de la paix», explique Jean-Marie Fardeau.
L’inverse n’est pas toujours vrai. En 1973, par exemple, c’est Henry Kissinger, secrétaire d’Etat américain, qui est récompensé pour l’accord de paix mettant fin à la guerre du Vietnam. La même année, il a été impliqué dans l’organisation d’un coup d’Etat au Chili qui a mis au pouvoir Augusto Pinochet.
Des organisations récompensées
Mais ce ne sont pas toujours des personnes qui se voient attribuer le fameux prix. «Depuis 15 ans, de plus en plus d’organisations sont récompensées», rappelle Jean-Marie Fardeau. Ces dernières années, l’ONG Médecins sans Frontières (1999), les Nations Unies et leur secrétaire général Koffi Annan (2001) ou encore l’Agence Internationale à l’Energie Atomique (2005) ont reçu le prix.
A.L.