FINANCE - La crise, le plongeon des Bourses européennes et les sauvetages désespérés de certaines institutions n’y changent rien...
L’ampleur de la crise financière n’aura rien changé. Les ministres des Finances de l'UE ont échoué ce mardi à trouver un accord pour améliorer et mieux coordonner la surveillance des compagnies d'assurance, un serpent de mer de la diplomatie européenne qui perdure depuis maintenant plusieurs mois.
«Il n'y a pas d'accord» et «les ministres des Finances européens vont en rediscuter lors de leur prochaine réunion le 2 novembre», a précisé un diplomate.
Négociations interminables
Concrètement, les débats, très techniques, portent sur un projet de directive européenne, appelée Solvabilité II, qui vise à établir de nouvelles règles sur le contrôle de l'état de santé financier des compagnies d'assurance.
Les ministres de l'UE négocient en vain sur ce sujet depuis des mois. Et, malgré la pression croissante de la crise financière qui oblige les Européens à trouver des réponses communes pour mieux réguler les marchés, la désunion persiste.
La principale pomme de discorde porte sur l'organisation de la supervision des groupes d'assurance présents dans plusieurs Etats membres, et le rôle respectif du superviseur de la maison mère et ceux des filiales.
Problème de partage de pouvoir
«Cela pose en réalité la question du partage de pouvoir entre le pays du siège et le niveau local», souligne un diplomate européen de haut rang.
En substance, les pays où sont concentrés la plupart des sièges des grands groupes (le Royaume-Uni, la France ou les Pays-Bas) souhaitent par souci d'efficacité qu'une partie importante des pouvoirs soient concentrés dans les mains du superviseur de la maison mère au sein de «collèges» de superviseurs. Mais les pays qui accueillent les filiales veulent conserver le maximum de prérogatives nationales de crainte de ne plus avoir voix au chapitre.
«Les événements récents ont montré combien le problème était aigu», a expliqué un diplomate. «Cela souligne l'urgence d'y apporter des solutions claires». Mais crise ne rime pas forcément avec concertation.
Avec agence