L'Eufor donne la parole à la Défense

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Publié le 1 octobre 2008.

La présidence française de l'Union européenne (UE) est en ébullition. Le déploiement de la Force de l'Union européenne (Eufor) au Tchad et en République centrafricaine (RCA), la plus grande opération militaire européenne jamais menée, a fini par se faire. Et la France, qui préside l'UE jusqu'en décembre, ne compte pas s'arrêter là. Nicolas Sarkozy s'est fixé de relancer l'Europe de la défense, née en 1998, lors du sommet franco-britannique de Saint-Malo, mais encore embryonnaire, dix ans plus tard.

Faire avancer l'Eufor

« L'enjeu, c'est de faire progresser une culture opérationnelle commune de l'Europe, explique Eric Chevallier, porte-parole du Quai d'Orsay et conseiller spécial du chef de la diplomatie, Bernard Kouchner. Des pays considérés habituellement comme neutres ou atlantistes participent à la mission de l'Eufor, par exemple les Irlandais, les Suédois et les Polonais. C'est très positif. » Un bémol : sur les dix-huit nations représentées, l'Allemagne et la Suède étaient déjà parties à la fin septembre, tandis que la Bulgarie, la République tchèque, la Grèce et la Roumanie ne participent que de façon symbolique avec un seul homme sur place. L'Eufor, déjà présente en Bosnie et en Géorgie prochainement, pourrait bientôt être déployée sur d'autres théâtres. C'est en tout cas l'objectif de la France, qui réunit à ce sujet les ministres européens de la Défense aujourd'hui et demain à Deauville.

Faire contrepoids à l'Otan

Si la France veut renforcer l'Europe de la défense, où elle entend jouer un rôle majeur, c'est avant tout pour contrebalancer l'Otan. « Mais c'est un contrepoids positif, prévient Eric Chevallier. Le but n'est pas de s'opposer à l'Otan », dans laquelle la France compte retrouver « toute sa place », selon Nicolas Sarkozy, après le départ du commandement central de l'Alliance sous Charles de Gaulle en 1966.

Il reste que « sans politique commune, toute défense européenne est inutile », souligne Robert Cooper, directeur des affaires étrangères et politico-militaires de l'Union européenne, sur le site Mediapart. Or, malgré le consensus obtenu au sein des Vingt-Sept pour régler la crise entre la Russie et la Géorgie - une première -, l'UE devra encore surmonter ses divergences internes afin de bâtir cette vision politique commune.

Envoyée spéciale - ©2008 20 minutes
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