Quatre soldats libanais ont été tués hier dans un attentat à la voiture piégée contre leur autobus aux abords de Tripoli, la grande ville du nord du Liban. L'explosion a également fait 28 blessés, dont 26 soldats, selon l'armée. « Une fois de plus, une main perfide a surgi pour frapper l'institution militaire dans une attaque terroriste visant clairement à saper les efforts pour la paix et la stabilité », a dénoncé le commandement militaire.
D'après un porte-parole de l'armée, la bombe, placée sous un véhicule garé sur le bas-côté de la route, a explosé au passage du bus de l'armée à l'entrée Sud de Tripoli. La police et l'armée ont immédiatement déployé un cordon de sécurité autour du lieu de l'explosion, où les experts ont commencé la collecte d'indices.
L'attentat, qui n'a pas été revendiqué, a été condamné par le chef de la majorité parlementaire, Saad Hariri, et le président du Parlement, Nabih Berri, qui ont évoqué une tentative de déstabilisation du pays alors celui-ci s'est engagé, depuis le 16 septembre, dans un dialogue national visant à mettre un terme définitif aux violences qui avaient fait 65 morts en mai dernier et failli déboucher sur une guerre civile. D'autres responsables ont estimé que l'attaque pouvait avoir pour but de miner les efforts de l'armée pour contrôler Tripoli, théâtre de mai à juillet de violences confessionnelles ayant fait plus de 20 morts. Ces combats avaient opposé des sunnites à la communauté alaouite, une branche du chiisme, dans plusieurs quartiers de la ville, avant que l'armée ne dépêche des renforts.