Les Finlandais s'interrogent. Au lendemain de la tuerie du lycée de Kauhajoki, la seconde en un an, le pays repense ses fondamentaux. Hier, le chef du gouvernement, Matti Vanhanen, a appelé à « renforcer le sens de la communauté ». La Finlande est un pays prospère avec un taux de chômage de 5 % environ et des services publics performants. Or, contrairement à la Suède ou la Norvège, où la criminalité est très peu importante, le pays connaît un nombre de faits de violence et d'homicides proche ou supérieur à ceux des mauvais élèves européens en la matière. La masse d'armes à feu en circulation - 56 pour 100 habitants, selon l'Institut universitaire de hautes études internationales (Iuhei) - est pointée du doigt. Le gouvernement a d'ailleurs annoncé une loi plus contraignante « dans les mois qui viennent ». Une certaine forme de solitude au sein de l'institution scolaire est également dénoncée. Ainsi, Erkki Kangasniemi, président du principal syndicat enseignant, dénonce des réformes qui contraignent les lycéens à travailler de façon autonome, chez eux ou en bibliothèque. « Nous avons un bon système scolaire, mais quand les classes sont démantelées, cela augmente le sentiment de solitude », regrette le syndicaliste.