Le monde entier commence à s'inquiéter alors qu'en Chine, le nombre d'enfants victimes du lait contaminé à la mélamine s'est encore alourdi. Quelque 53 000 enfants ont dû être soignés dans le pays, 13 000 sont toujours hospitalisés - 104 d'entre eux dans un état grave - après avoir consommé du lait frelaté, a annoncé le ministère de la Santé. Huit sur dix des petites victimes de ce scandale, qui a éclaté il y a une dizaine de jours, ont moins de 2 ans. Ce lait contaminé a provoqué la mort de quatre nourrissons. L'ampleur du désastre a coûté son poste au patron de l'administration chinoise en charge du contrôle de qualité, Li Changjiang. L'agence d'information Chine Nouvelle a annoncé lundi que le gouvernement avait accepté sa démission.
A l'étranger, une série de pays, asiatiques et africains principalement, ont suspendu les importations de lait chinois, voire de tous produits laitiers ou pouvant contenir du lait. Des fabricants ont d'eux-mêmes ordonné le rappel d'aliments, comme l'entreprise japonaise Marudai Food, qui a retiré des milliers de petits pains industriels fabriqués avec du lait fourni par Yili, l'une des entreprises chinoises incriminées. Car la mélamine, un produit chimique utilisé dans la fabrication de colles ou de résines, a désormais été détectée dans une large palette de produits. Dimanche, les autorités de Singapour ont ainsi annoncé avoir découvert le poison potentiel dans de simples bonbons, d'une célèbre marque chinoise, Lapin Blanc.