Une première. Thabo Mbeki a annoncé avoir remis, hier, sa lettre de démission à la présidente du Parlement, dans un discours radiotélévisé à la nation. Samedi, son parti, le Congrès national africain (ANC) l'avait appelé à quitter son poste, et Thabo Mbeki avait d'ores et déjà fait savoir qu'il respecterait cette décision. Soupçonné d'avoir instrumentalisé la justice pour écarter son rival Jacob Zuma, il a nié hier soir avoir exercé des pressions sur le procureur général. Cette démission laisse l'Afrique du Sud dans l'incertitude. C'est la première fois que l'ANC, qui domine la vie politique depuis la chute du régime de l'apartheid en 1994, retire sa confiance à un chef de l'Etat. Un Conseil des ministres extraordinaire a eu lieu hier à Pretoria pour organiser le départ de Thabo Mbeki avant le terme prévu de son mandat en 2009. Le Parlement sud-africain, où l'ANC dispose de près des deux tiers des sièges et qui est chargé de désigner le président, doit nommer aujourd'hui un président en intérim avant les prochaines élections. Le rival de Thabo Mbeki et actuel chef de l'ANC, Jacob Zuma n'étant pas membre du Parlement, c'est son actuelle présidente, Baleka Mbete, qui fait figure de favorite.