Malgré une campagne d'attaques suicides qui fait rage depuis un an, le Pakistan n'avait pas encore vécu un drame d'une telle ampleur. C'est le « 11 Septembre du Pakistan » a écrit le rédacteur en chef du Daily Times au sujet de l'attentat-suicide au camion piégé, suivi de l'explosion d'une charge de 600 kg qui a ravagé l'hôtel Marriott d'Islamabad, samedi soir. Hier, les secouristes ont commencé à fouiller les ruines de l'établissement, annonçant une révision à la hausse du premier bilan. Selon les autorités pakistanaises, il serait d'au moins 53 morts et 266 blessés.
Non revendiquée, l'attaque porte, selon Islamabad, la marque des talibans liés à Al-Qaida et réfugiés dans le nord-ouest du pays. C'est là que les experts placent désormais « le nouveau front de la guerre contre le terrorisme ». Depuis plusieurs semaines, les Etats-Unis y multiplient les raids contre les combattants fondamentalistes, mais sans épargner les civils, au grand dam d'Islamabad. Le Pakistan paie déjà un très lourd tribut au combat contre le terrorisme avec un millier de soldats tués depuis 2002 et 1 300 victimes d'attentats. Samedi soir, le président pakistanais, Asif Ali Zardari, a promis de relancer le combat contre ce « cancer ». Son pays a reçu le soutien de l'ensemble de la communauté internationale.