L'Europe s'intéresse enfin au sort des Roms

MINORITE La fuite des Tsiganes vers l'Ouest pousse les 27 à combattre le racisme dont ils sont victimes...

Armelle Le Goff - ©2008 20 minutes

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"Qu'est ce qu'on fait, est-ce qu'on s'installe ou est-ce qu'on va encore être expulsés bientôt?". Florin Flintache, jeune Rom en France depuis six ans, expulsé pour la cinquième fois d'un squat à Saint-Etienne, peine à faire des projets d'avenir.

"Qu'est ce qu'on fait, est-ce qu'on s'installe ou est-ce qu'on va encore être expulsés bientôt?". Florin Flintache, jeune Rom en France depuis six ans, expulsé pour la cinquième fois d'un squat à Saint-Etienne, peine à faire des projets d'avenir. — Fred Dufour AFP

Citoyens de seconde zone. Le problème n'est pas nouveau, pourtant, c'est la première fois que Bruxelles se penche sur les moyens de remédier aux discriminations dont sont victimes les 4 à 12 millions de Roms (selon les estimations) qui vivent au sein de l'Union européenne (UE). Le sommet d'aujourd'hui devrait être suivi d'un plan d'actions. Malik Salemkour, vice-président de la Ligue des droits de l'homme (LDH), espère des «mesures fortes» comme «la reconnaissance du génocide des Roms lors de la Seconde Guerre mondiale» ou «la mise en place de structures pour veiller à un accès effectif à l'éducation».

Selon un rapport du Conseil de l'Europe, près de 50% des enfants roms ne terminent pas leurs études primaires. En Europe centrale, où les discriminations sont très fortes, quand ils sont scolarisés, nombreux le sont dans des conditions inadaptées. En Slovaquie, par exemple, selon Amnesty International, 80 % des élèves roms fréquentent des établissements accueillant « les enfants présentant des handicaps mentaux ».

Mais en France ou en Italie aussi, les préjugés sont tenaces. Depuis 2007 et l'élargissement de l'Union européenne à la Roumanie et à la Bulgarie, deux pays qui comptent près de 3 500 000 Roms ou Tsiganes, l'Hexagone et la Botte ont vu affluer nombre d'entre eux, trop heureux de fuir la misère de leurs ghettos. Ils ne sont pas accueillis à bras ouverts. Face à ces nouveaux citoyens européens, les autorités françaises usent du « rapatriement humanitaire», réservé aux étrangers en « situation de dénuement». De son côté, Rome s'emploie à «ficher» ses Roms. Les autorités auraient obtenu l'aval de Bruxelles pour leur faire remplir un formulaire comprenant des cases «ethnie» et «religion». Un procédé qui ne peut rappeler que de très mauvais souvenirs dans une UE qui s'est créée au lendemain de l'extermination de 6 millions de Juifs européens. Il est temps d'agir.

 

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