La Chine renoue avec la série noire des produits frelatés. En 2004, un lait en poudre maternisé avait déjà tué au moins treize nourrissons. En 2006, des sirops et des dentifrices renfermaient du diéthylène, habituellement utilisé pour fabriquer de l'antigel. En 2008, le lait en poudre tue à nouveau. Cette fois, il est produit par Sanlu, premier fabricant chinois et filiale à 43 % du n° 1 mondial néo-zélandais Fronterra.
Deux nourrissons de 5 mois et 8 mois sont déjà morts et, depuis ce week-end, le gouvernement revoit ses chiffres à la hausse, avec 1 253 bébés malades, dont 340 hospitalisés et 53 dans une situation « relativement sérieuse ». En cause : la mélamine, base plastique qui contrefait une protéine alimentaire. « C'est d'autant plus grave que la marque est connue, observe Félicia, 29 ans. En plus, comme ce lait est bon marché, les plus pauvres sont les premières victimes. » Facteur aggravant, Sanlu avait déjà reçu des plaintes en mars, mais a attendu le 11 septembre pour rappeler 700 tonnes de poudre en circulation. « Les peines ne sont pas assez dissuasives, dénonce Wei, Pékinoise de 60 ans. » Le gouvernement a lancé une inspection nationale de tous les centres de collecte de lait.