JUSTICE - Plusieurs compagnies britanniques s'appuient sur un jugement rendu lundi dans une affaire de terrorisme pour demander un allègement des règles...
Ce procès devait être un exemple de la lutte contre le terrorisme, il s’est finalement achevé dans la confusion. Lundi, un tribunal britannique a rendu son jugement dans une
affaire de tentative d’attentat, pour laquelle comparaissaient
huit hommes qui avaient été arrêtés en août 2006. Si trois d’entre eux ont été reconnus coupable de complot terroriste, ce procès a surtout été marqué par la polémique qui a suivi au sujet des
mesures de sécurité en vigueur dans les aéroports.
Durcissement
Août 2006. Un complot terroriste est déjoué par les agents britanniques. Les hommes interpellés projetaient de
faire exploser dix avions en vol à l’aide d’explosifs liquides dissimulés dans des bouteilles en plastique de boissons énergétiques. Les bombes auraient été confectionnées une fois à bord des appareils et déclenchées en vol.
Cette affaire rehausse d’un cran la crainte d’une attaque terroriste et entraîne un durcissement des mesures de sécurité dans les aéroports du monde entier. Désormais, le transport des liquides en cabine est strictement encadré: les liquides, gels, pâtes, et aérosols sont acceptés en cabine uniquement dans des contenants de moins de 100 ml capable de tenir dans un sac transparent fermé, d'un litre maximum (soit 20 cm par 20cm). Exit petites bouteilles d’eau, démaquillant et même pâte à dentifrice.
Couac
Le procès de ces huit hommes durera plus de deux ans, l’enquête coûtera plus de 10 millions de livres sterling (environ 12,5 millions d’euros), selon «
Times». Pour un résultat pas très concluant. Le jury peine à se mettre d’accord sur un verdict commun, malgré plus de cinquante heures de délibérations. Seuls trois des accusés, Abdulla Ahmed Ali, 27 ans, considéré comme le leader du réseau, Assad Sarwar, 28 ans, et Tanvir Hussain, 27 ans, sont reconnus coupables de conspiration en vue de commettre un attentat terroriste. Leur peine devrait être annoncée dans les prochains jours. L’un des huit accusés, Mohammed Gulzar, 27 ans, est même exonéré de toutes les accusations pesant contre lui.
Face à cette confusion, les compagnies aériennes
British Airways,
Virgin Atlantic et les aéroports
BAA ont bondi sur l’occasion, lundi soir, pour réclamer un allègement des mesures de sécurité au sujet du transport des matières liquides, affirme mardi «
The Guardian». Sans succès pour l’instant.
Sandrine Cochard