JUSTICE - Didier Bourguet est également poursuivi pour avoir photographié ces enfants dans des poses pornographiques...
Un ancien employé français de la mission de maintien de la paix de l'ONU (
Monuc) en République démocratique du Congo sera jugé à partir de ce mardi par la cour d'assises de Paris pour des viols qu'il aurait commis sur des mineures entre 1998 et 2004. Didier Bourguet, 44 ans, est également poursuivi pour avoir photographié ces enfants dans des poses pornographiques.
Les faits qui lui sont reprochés auraient eu lieu entre 1998 et 2001 en Centrafrique entre 1998 et 2001 puis en République démocratique du Congo entre 2001 et 2004. Arrêté à
Goma (Nord-Kivu, est) le 31 octobre 2004 par la police congolaise, le quadragénaire avait été remis aux autorités françaises, avant d'être placé en détention provisoire en décembre 2004.
Au moins 23 victimes
Durant l'instruction, Didier Bourguet a reconnu des attouchements et des viols sur 22 mineures. Il conteste en revanche avoir agressé la 23e victime, aujourd'hui âgée de 16 ans. Réfugiée au Canada, celle-ci sera la seule victime présente au procès. D'après Emmanuel Daoud, l'avocat de la jeune fille, l'accusé dit avoir été victime d'un coup monté par le père de l'adolescente et la police congolaise, qui auraient ensuite tenté de le faire chanter.
Si 23 victimes ont pu être répertoriées sur les photos saisies, seules trois ont pu être identifiées et auditionnées par la police en République démocratique du Congo, selon l'Association contre la prostitution des enfants (
ACPE), également partie civile au procès.
Entre 15.000 et 20.000 viols par an en RDC
Ce procès est «emblématique», soulignait lundi Emmanuel Daoud, en rappelant qu'on dénombrait entre 15.000 à 20.000 viols par an en RDC, commis par des militaires, des rebelles, mais aussi parfois des personnels de la Monuc.
Depuis son déploiement en RDC en 2001, la Monuc a été éclaboussée par plusieurs scandales impliquant ses personnels, civils et militaires, dans des affaires d'abus sexuels ou de trafics de minerais. La dernière en date remonte au mois d'août. Les Nations unies avaient alors indiqué qu'au moins 100 soldats indiens ayant fait partie de la Monuc pourraient être impliqués dans des cas d'abus sexuels sur des jeunes filles et des jeunes garçons.
Avec agence