Obama/McCain : qui dit quoi sur l'environnement ?

Les deux candidats proposent des mesures agressives pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et promouvoir les énergies renouvelables.

Gilles Bouvaist

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Un consortium d'investisseurs emmené par les fonds KKR et Texas Pacific a offert la somme record de 45 milliards de dollars pour acquérir le groupe énergétique TXU, misant notamment sur des concessions dans le domaine de l'environnement pour obtenir l'accord des régulateurs.

Un consortium d'investisseurs emmené par les fonds KKR et Texas Pacific a offert la somme record de 45 milliards de dollars pour acquérir le groupe énergétique TXU, misant notamment sur des concessions dans le domaine de l'environnement pour obtenir l'accord des régulateurs. — AFP/Archives

De notre correspondant à New York
USA2008
Sur la question de l’environnement, John McCain et Barack Obama ont au moins un point commun : tous deux sont d’accord sur la nécessité d’intervenir face au réchauffement climatique. Leurs positions sur l'énergie, elles, divergent, notamment sur les conséquences des forages pétrolier offshore –John McCain est pour, Barack Obama s’y est opposé à la fois pour des raisons économiques et écologiques–, leurs approches restent plutôt proches.

>>> Pour les positions des candidats sur le pétrole, c'est ici >>>

En dépit du scepticisme de nombreux républicains quant à l’origine humaine du réchauffement climatique, celle-ci a été intégrée dans la plateforme du parti (un pas qu’il s’était gardé de faire il y a quatre ans). Et John McCain s’est toujours placé à l’avant-garde du parti sur cette question. C’est en revanche depuis longtemps (voir Al Gore) l’un des points cruciaux de la plateforme démocrate.
Les deux candidats partagent la conviction qu’il est nécessaire d’instaurer un système de «cap-and-trade» (plafonner et échanger): les émissions de carbone par les entreprises nocives pour l’environnement sont strictement limitées. Celles-ci peuvent acheter et vendre des permis de polluer sur un marché dédié, améliorer les technologies de contrôle de leurs émissions, tout en faisant montre d’une transparence absolue sur leurs résultats dans ce domaine.

Ce que propose Barack Obama

Barack Obama veut investir 150 milliards sur dix ans dans les énergies renouvelables, et de fixer aux constructeurs automobiles un standard contraignant sur émissions de gaz carbonique. En l’état, son plan requiert qu’en 2025, 25% de l’électricité américaine soit produite par des énergies renouvelables (solaire, éolien, charbon propre). Sénateur d'un Etat qui produit beaucoup d'ethanol, il en a fait l'un des biocarburants qu'il souhaite promouvoir agressivement.

Obama compte réduire en 2050 les émissions de 80% en dessous du niveau de 1990. Il préconise la transition immédiate à un marché des permis à polluer. Les sommes recueillies seraient utilisées pour financer le plan d’énergie renouvelables d’Obama.
Obama insiste sur le fait que dans le cadre d’un accord international sur le réchauffement climatique, il incombe aux Etats-Unis de faire le premier pas.
Il s’est en revanche opposé à l’enfouissement des déchets nucléaires dans la montagne Yucca, dans le désert du Nevada, une question qui pourrait jouer dans ce swing state convoité.


Ce que propose John McCain
La tactique environnementale de John McCain est énoncée dans le Lexington project, un programme qui comprend notamment des mesures de réduction des gaz à effet de serre. McCain propose, grâce à son système de cap-and-trade, de réduire les émissions de gaz carbonique à leur niveau de 1990 en 2020, puis de 60% d'ici à 2050. Selon son plan, des permis de polluer seraient initialement distribués à certains secteurs pour faciliter la transition vers un marché comprenant l’ensemble des permis.
McCain estime que tout accord global sur ces émissions doit inclure la Chine et l’Inde.

Sur le plan de l’énergie, le Lexington project prévoit la construction de 45 centrales nucléaires d’ici 2030 (le nucléaire étant peu répandu aux Etats-Unis), un programme de deux milliards de dollars pour promouvoir des technologies propres d’utilisation du charbon, et des mesures de soutien aux énergies renouvelables. John McCain est opposé aux subventions accordées aux producteurs d'éthanol. Il n’a pas formulé de mesures précises sur l’imposition de standards écologiques aux constructeurs automobiles.