L'Union européenne a évité le pire et sauvé sa crédibilité sur la scène internationale. Hier à Moscou, après de longues discussions avec le président russe Medvedev, elle a finalement réussi à faire plier le Kremlin dans la crise géorgienne. La délégation - composée de Nicolas Sarkozy, président en exercice de l'UE, du président de la Commission européenne José Manuel Barroso et du chef de la diplomatie de l'UE, Javier Solana - a obtenu des engagements sur les trois points qu'elle jugeait cruciaux.
D'abord, d'ici le 10 octobre, « le retrait complet des forces militaires russes du territoire géorgien, hors Ossétie du Sud et Abkhazie », les provinces séparatistes dont Moscou a reconnu l'indépendance le 26 août contre l'avis des Occidentaux, et avec lesquelles elle compte établir des relations diplomatiques. Ensuite, « le déploiement de 200 observateurs de l'UE » en Géorgie, au plus tard le 1er octobre. Enfin, des « discussions internationales » concernant l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud à compter du 15 octobre à Genève. Il y sera question des « modalités de sécurité et de stabilité » dans ces provinces et de leur futur statut. Sur ce dernier point, les discussions risquent d'être houleuses, Moscou ayant affirmé hier que le choix de reconnaître leur indépendance était « définitif et irréversible ».
Au final, cette équipée européenne est « un beau succès, estime Jean-Dominique Giuliani, président de la Fondation Schuman. Encore faut-il que les Russes tiennent parole ». Après Moscou, la délégation européenne s'est envolée pour Tbilissi, qui a salué le « résultat très important » obtenu par Sarkozy.