En Syrie, Nicolas Sarkozy met en garde Téhéran

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Publié le 5 septembre 2008.

La visite de Nicolas Sarkozy à Damas s'est achevée ce matin par un sommet quadripartite inédit. Aux côtés du président français et de Bachar al-Assad, le chef de l'Etat syrien, cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani, l'émir du Qatar et Recep Tayyip Erdogan, le Premier ministre turc. L'axe majeur des discussions devait être les pourparlers indirects de paix qui ont cours depuis mai dernier entre la Syrie et l'Etat hébreu, sous l'égide d'Ankara. Mais, selon l'Elysée, « en raison de la démission du négociateur israélien [Yoram] Turbowitz », le 5e round de négociations, prévu dimanche, a été annulé. Une déception pour Bachar al-Assad, qui a dit craindre que « les points lumineux » apparus ces derniers mois « ne s'éteignent ». Il en a appelé à la France, qui, de son côté, a répété à plusieurs reprises sa disponibilité, « si les Israéliens acceptent les principes et que les négociations directes commencent », dont il a dit souhaiter « un rôle direct et immédiat », notamment pour obtenir un rapprochement de Washington, une fois la nouvelle administration élue.

Ce n'est pas le seul dossier en suspens. Dès le début de la réunion, en effet, Nicolas Sarkozy a répété le « risque majeur » que prenait l'Iran en cherchant à se doter de l'arme nucléaire « parce qu'un jour, quel que soit le gouvernement israélien, on peut se retrouver un matin avec Israël qui a frappé ». La veille, Bachar al-Assad avait répondu à ses préoccupations en affirmant que Téhéran cherchait à se doter de « nucléaire civil et non pas militaire ». Ce matin, il s'est borné à répéter la nécessité de « régler toutes les questions de manière pacifique ». Mais Paris espère et croit savoir que Damas acceptera de s'engager dans un rôle de « messager » entre les Occidentaux et les Iraniens. « La Syrie peut jouer, me semble-t-il, un rôle important pour convaincre », a réaffirmé Nicolas Sarkozy ce matin. Une déclaration effectuée aux côtés de la Turquie et surtout du Qatar, qui, ces derniers mois a montré, notamment sur le dossier libanais, qu'il était lui aussi en mesure de jouer les intermédiaires. Après des années de brouille, Paris et Damas ont donc définitivement renoué le dialogue. Mais le chemin vers des relations apaisées n'est sans doute pas sans embûches.

Envoyée spéciale à Damas, - ©2008 20 minutes
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