EMBUSCADE - Deux journalistes de «Paris Match» ont retrouvé des talibans impliqués dans les combats qui ont coûté la vie à dix soldats français...
«Paris Match»
publie ce jeudi 4 septembre un document sur les talibans qui auraient tué les 10 soldats français le 18 août dernier. Eric de Lavarène et Véronique de Viguerie, les deux journalistes de l’hedomadaire ont raconté leur reportage
ce mercredi matin sur Europe 1.
Ils affirment avoir reçu la montre d'un soldat mort : «c'est une façon d'authentifier les gestes, un message de bonne volonté de leur part pour montrer qu'ils avaient été respectueux de ces soldats Français qui ont été tués.»
Les talibans ont récupéré des effets personnels
Ils ont photographié et interviewé un chef de milice talibane, disant se nommer Farouki. Plusieurs insurgés ont posé pour le magazine avec des objets pris sur les cadavres des soldats, dont des fusils Famas typiques de l'Armée française.
«Ils ont effectivement récupéré de l’équipement, des rangers, des treillis, des armes, des effets personnels de plusieurs soldats», reconnaît le général Christian Baptiste, responsable de la communication au ministère de la Défense.
Pas de torture, ni de dégradation des corps
La dernière édition du «Canard Enchaîné», ce mercredi,
assure que quatre soldats français ont été achevés après leur capture par les insurgés. Le chef taliban interrogé par «Paris Match» se contente d'affirmer qu'aucun soldat n'a été torturé. Mais l’un des journalistes va plus loin sur
Europe 1. Il précise que le commandant taliban a démenti la capture de soldats français.
Claude Angeli, directeur de la rédaction de l’hebdo satirique, explique à 20minutes.fr que Paris Match «se fait le porte-parole des talibans. Ses journalistes reproduisent leurs propos. C’est une façon de travailler.»
Les corps de soldats entre les mains des talibans pendant plusieurs heures
Les talibans expliquent avoir eu les corps «dans leurs mains» pendant un certain temps. Vivants ou morts? Brigitte Rossigneux, journaliste au «Canard Enchaîné» produit ce mercredi un document de l’état-major français où la mention «Corps retrouvé aligné» après les noms de trois soldats tués.
«Ce document est un vrai, confie un officier proche de l’état-major. Pendant l’affrontement, la section française a dû décrocher du haut du col face aux assauts des talibans, abandonnant les corps. Les soldats sont revenus quelques heures plus tard, et ils ont effectivement constaté que des corps avaient été déplacés et regroupés. Les talibans voulaient peut-être les prendre comme trophée, pour prendre un film ou des photos, ou alors comme monnaie d’échange.»
Mais l’état-major martèle que tous les militaires ont été tués en combattant, réfutant la thèse de l’exécution avancée par le «Canard Enchaîné». Paradoxalement, talibans et militaires français sont d’accord sur un point.
M. Gr.