La capitale thaïlandaise est de nouveau secouée par des affrontements violents entre des manifestants pro et antigouvernementaux. Dans la nuit de lundi à mardi, des milliers d'entre eux - certains casqués et armés de barres de fer - se sont affrontés dans la ville, faisant un mort et 44 blessés, dont trois par balles. La police a fait état de coups de feu et a demandé l'aide de l'armée.
Les deux groupes de manifestants se sont opposés violemment non loin du siège du gouvernement, occupé depuis le 26 août par des milliers de partisans de l'Alliance du peuple pour la démocratie (PAD), coalition hétéroclite de militants nationalistes, royalistes et syndicaux. La PAD réclame le départ du Premier ministre Samak Sundaravej, qu'elle accuse d'être la « marionnette » de son prédécesseur, Thaksin Shinawatra, renversé par un putsch militaire en 2006 et réfugié en Grande-Bretagne à la suite d'accusations de corruption et d'irrespect envers la monarchie.
Sundaravej, 73 ans, à la tête du gouvernement depuis à peine sept mois, a nommé le chef de l'armée, le général Anupong Paojinda, à la tête d'un commandement spécial chargé de faire appliquer l'état d'urgence. Les rassemblements de plus de cinq personnes ont été interdits. Le général Paojinda a exclu la possibilité d'un coup d'Etat et, en dépit des pouvoirs spéciaux que lui confère l'état d'urgence, il a semblé privilégier la négociation, et non la force, pour mettre fin à l'occupation du siège du gouvernement depuis une semaine.