Un régime complexe autour d'un dictateur héritier

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Publié le 3 septembre 2008.

Dur de faire plus opaque que le régime syrien. A la tête de ce pays sans hydrocarbures, un dictateur, « un héritier malgré lui », comme le qualifient Eric Aeschimann et Christophe Boltanski dans Chirac d'Arabie. Les mirages d'une politique française (Grasset). Bachar al-Assad n'aurait pas dû succéder à son père, le redoutable Hafez al-Assad, en juillet 2000. Le poste devait revenir à son frère aîné, Bassel, décédé dans un accident de voiture. Lui, aurait dû embrasser une carrière d'ophtalmologiste, à Londres. Autant dire qu'il a dû se mettre rapidement au diapason lorsqu'il a pris le pouvoir. Mais son investiture, en 2000, provoque un immense espoir. Encouragée par un président qui vient de relâcher 600 prisonniers politiques, la Syrie tient salon, cause libertés et droits de l'homme : c'est le « Printemps de Damas ». En février 2001, l'arrestation et l'emprisonnement de dizaines d'opposants mettent un terme à cet état de grâce.

Damas retourne à ses fondamentaux. Le pouvoir se réorganise - si tant qu'il ne l'ait plus été - autour de ses quatre piliers : le parti Baas (quasi unique et laïc), au pouvoir depuis mars 1963, l'armée, les Alaouites (une branche dissidente du chiisme à laquelle appartient la dynastie des Assad) et les services de sécurité. A quel point Bachar al-Assad est-il le prisonnier de ce système complexe, entretenu par ce que l'on définit comme « la vieille garde », c'est-à-dire les conseillers qui se sont maintenus depuis la disparition d'Hafez al-Assad ? « Difficile à dire », répond Jean-François Daguzan, de la Fondation pour la recherche stratégique, qui note néanmoins que « ces derniers mois, les lignes bougent dans le bon sens, notamment sur le dossier libanais ». Autre motif du rapprochement entre Paris et Damas, selon le chercheur, « la lutte contre l'islamisme radical, qui gagne du terrain en Syrie aussi ». Aujourd'hui, même si dans les geôles syriennes croupit l'écrivain et opposant Michel Kilo, Paris semble avoir choisi, en tendant la main à Bachar al-Assad, de privilégier la « stabilité du pays ».

A. Le G. - ©2008 20 minutes
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