Un test de nationalité pour avoir ses papiers. C'est ce qui se met en place dans la plupart des pays européens. La France a sauté le pas en 2003, la Grande-Bretagne en 2005, les Pays-Bas en 2006 et l'Allemagne hier. Les étrangers désirant acquérir cette nationalité devront désormais passer un test de connaissances comportant trente-trois questions sur l'histoire et le système politique national, une mesure dont l'efficacité est déjà mise en doute. Des voix discordantes affirment en effet que de nombreux Allemands seraient bien incapables de répondre à ce questionnaire. Mais les autorités germaniques assurent que le but n'est pas de faire échouer les candidats. « Cela doit plutôt leur permettre d'aborder ces thèmes et d'acquérir les connaissances exigées sur l'Etat de droit, la société et les modes de vie du pays », précise Berlin. Quelque 6,7 millions d'étrangers vivent en Allemagne - sur 82 millions d'habitants - dont 26,1 % originaires de Turquie, et plus d'un million de personnes ont acquis la nationalité allemande depuis 2000.
Ces examens, également pratiqués aux Etats-Unis et au Canada, ont un prix. En Allemagne, les frais du test s'élèvent à 25 euros et sont entièrement à la charge du candidat. Au Royaume-Uni, l'échec à ce test oblige le candidat à le repasser moyennant 55 euros. Un coût à ajouter à celui, très variable, de la formation dispensée par les municipalités aux candidats. Gratuite en France, elle va jusqu'à 350 euros aux Pays-Bas.