Le sommet de Bruxelles, sui s'est ouvert hier, n'a pas effrayé grand monde à Moscou. Face aux divisions européennes et aux hésitantes menaces de sanctions, les autorités russes ont montré, de leur côté, qu'elles auraient du répondant. « Nous ne sommes pas partisans de sanctions », mais « s'il le faut, nous pourrons en adopter », prévenait dimanche soir le président Dmitri Medvedev.Mais même s'il affirme n'avoir « peur de rien, y compris d'une guerre froide », le Kremlin sait qu'il n'a rien à gagner à s'isoler de l'Occident et surtout de l'Europe. Car si la Russie fournit le quart du gaz et du pétrole consommé par les Européens, cette dépendance est à double tranchant : Moscou n'a, pour l'instant, personne d'autre à qui vendre ses ressources. Du coup, les Russes n'hésitent pas à mettre un peu d'eau dans leur vodka.
Le président Medvedev s'est ainsi livré à une singulière explication de texte pour vendre à l'Europe la reconnaissance de l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud. La « primauté » du droit international reste, selon lui, une priorité russe. Mais en ce qui concerne le Kosovo, dont l'indépendance a toujours été décriée comme une violation de ce même droit international par le Kremlin, la nuance est désormais de mise : « Il est clair que, dans cette situation, il y aura des Etats qui accepteront l'apparition de nouveaux Etats, et des Etats qui estimeront qu'elle est inopportune », a déclaré le président russe. Moscou semble avoir réalisé qu'il est préférable de chercher un statu quo satisfaisant Russes et Européens.