Et si la Russie était exclue du G8?

CRISE Après les affrontements avec la Géorgie, la possibilité est de plus en plus évoquée outre-Atlantique...

C. Ch.

— 

Dans le centre de la Géorgie, les forces russes ont quitté la route reliant la capitale Tbilissi à Gori. Mais des soldats de maintien de la paix ont mis en place des barrages à moins de 10 km au nord de cette localité sur les voies menant à Tskhinvali, la capitale sud-ossète.

Dans le centre de la Géorgie, les forces russes ont quitté la route reliant la capitale Tbilissi à Gori. Mais des soldats de maintien de la paix ont mis en place des barrages à moins de 10 km au nord de cette localité sur les voies menant à Tskhinvali, la capitale sud-ossète. — Dmitry Kostyukov AFP

Et si la crise entre la Russie et la Géorgie aboutissait à une exclusion de la Russie du G8? Cette possibilité est en tout cas de plus en plus évoquée outre-Atlantique.

Depuis le début de la crise russo-géorgienne, les pays occidentaux tentent de se montrer fermes face à Moscou. Encore samedi, la France, qui préside l’Union européenne, a demandé un «retrait rapide» des forces russes d’une route stratégique dans l’ouest de la Géorgie, où la Russie a conservé des postes avancés. Au cours d'un entretien téléphonique avec son homologue Dmitri Medvedev, Nicolas Sarkozy a «insisté sur l'importance du retrait rapide des militaires russes présents sur l'axe Poti/Senaki». Et dimanche, l'AFP rapportait que les troupes russes maintenaient encore au moins six positions en Géorgie.

«Tout est maintenant en jeu»

Mais, outre-Atlantique, la pression se fait plus directe. Dans une interview à l’hebdomadaire allemand «Der Spiegel», le secrétaire américain au Commerce, Carlos Gutierrez, menace samedi la Russie d’exclusion du G8 et de suspension de sa candidature à l’Organisation mondiale du commerce. « Jusqu'à présent, l'Amérique était l'avocat de la Russie quand il s'agissait de l'intégrer au sein de la communauté mondiale. Nous avons admis la Russie au sein du groupe des huit pays les plus industrialisés (G8) et nous avons salué et encouragé le souhait de la Russie d'entrer à l'OMC. Tout cela est maintenant en jeu.»

Une position plus que partagée par John McCain. Le candidat républicain à la succession de George W. Bush souhaite que la Russie soit exclue du G8. Très critique envers l’ex-président et actuel Premier ministre, Vladimir Poutine (un «homme dangereux»), le sénateur de l’Arizona accuse les dirigeants russes de vouloir restaurer «l’empire russe». Son adversaire à l’élection présidentielle, Barack Obama, estime de son côté que la pression doit être maintenue pour plus de démocratie.

«Mentalité de l’ère soviétique»

Par ailleurs, dans un article paru dans «la Presse», on apprend que «le Canada n’est plus convaincu que la Russie mérite une place à la table du G8». Ottawa aurait d’ailleurs commencé à s’entretenir avec les autres membres du club des pays les plus riches pour «obtenir leur son de cloche à ce sujet». Cette prise de position va dans le sens de précédentes déclarations. Le Premier ministre canadien, Stephen Harper (conservateur), avait déjà dénoncé «la mentalité de l’ère soviétique» qui prévaut à Moscou depuis quelque temps.

La Russie participe de manière informelle au G7 depuis 1995. Elle en est devenue membre permanent en 1998, le groupe devenant alors le G8.


Et vous, qu’en pensez-vous? Faut-il exclure la Russie du G8?

Otan
Dimanche, le président ukrainien, Viktor Ioutchtchenko, a appelé à accélérer l’adhésion de son pays à l’Otan. «Tous ceux qui se soucient de l'Ukraine doivent le dire ouvertement: l'entrée dans le système de sécurité euro-atlantique est le seul moyen de protéger la vie et le bien-être de nos familles, nos enfants et petits-enfants.»
La Géorgie et l'Ukraine, toutes deux ex-républiques soviétiques, cherchent à sortir de la zone d'influence de Moscou et à adhérer à l'Alliance atlantique, au grand dam de la Russie.

Mots-clés :