GEORGIE - Bernard Kouchner se rend à Tbilissi et Moscou pour tenter de sortir de la crise entre la Russie et la Géorgie...
Alors qu’au début du conflit en Géorgie, jeudi, les chancelleries occidentales avaient fait preuve de prudence, les diplomates européens et américains ont manifesté leur inquiétude et exhorté Moscou à la retenue.
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Dimanche, Washington,
proche du président géorgien, a ainsi mis en garde dimanche la Russie face au risque de conséquences «importantes» qu'auraient sur les relations avec les Etats-Unis la poursuite d'une «escalade dangereuse et disproportionnée» de la part de la Russie dans le conflit avec la Géorgie.
Médiation de Kouchner
Samedi, au risque de compromettre des mois d'avancées diplomatiques patiemment conquises (lire ci-contre), l'Union européenne a prévenu Moscou que la «poursuite des actions militaires affecterait sa relation avec la Russie» et veut tenter une médiation dans le conflit.
Dépêché par Nicolas Sarkozy, le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, se rendra dimanche dans la région pour proposer une «sortie de crise» en trois points:
- - le respect de l'intégrité territoriale de la Géorgie
- - une cessation immédiate des hostilités
- - le rétablissement de la situation qui prévalait antérieurement sur le terrain.
Avant son départ, à 15h selon nos informations, pour la Géorgie puis Moscou, Kouchner a appelé à «arrêter» une «guerre terrible, brutale et redoutable pour un enjeu microscopique», qui lui «fait penser aux Balkans».
«Adolf Hitler»
La condamnation la plus virulente, au sein de l’UE, est venue samedi de la Pologne et des pays baltes. Les quatre anciens pays satellite ou appartenant à l’URSS ont solennellement demandé à l'UE et à l'Otan de «s'opposer à la propagation de la politique impérialiste et révisionniste dans l'est de l'Europe».
«Est-ce que la famille des pays européens démocratiques peut poursuivre un dialogue mutuel favorable avec un pays qui utilise des armements lourds contre un Etat indépendant?», demandent les présidents de ces pays.
Jusqu'à présent, au sein de l'UE, seule la Suède a tenu un langage de fermeté similaire. Samedi, le ministre des Affaires étrangères suédois, Carl Bildt, n'a pas hésité à comparer à la doctrine d'Adolf Hitler les justifications de la Russie pour intervenir en Géorgie.
Dernière inquiétude, les risques de l’internationalisation du conflit. Accusée samedi par Moscou d’avoir incité la Géorgie à attaquer l’Ossétie, l’Ukraine a répliqué dimanche.
Kiev, qui loue à la Russie le port de Sébastopol pour y stationner des navires de guerre, «se reconnaît le droit, conformément aux normes du droit international et de la législation ukrainienne d'interdire le retour sur le territoire de l'Ukraine jusqu'à la fin du conflit (russo-géorgien, ndlr) de navires qui peuvent prendre part» aux opérations militaires en Géorgie, est-il écrit dans ce texte diffusé sur le site Internet du ministère.
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Le nouvel accord stratégique UE-Russie
Fin juin, les dirigeants de l'UE avaient lancé des négociations sur un nouvel accord stratégique UE-Russie concernant l’énergie, le commerce, les Droits de l'homme, la suppression des visas pour les Russes voyageant dans l'UE… Un dernier point que les présidents baltes et polonais veulent remettre en question, au motif que la Russie «ne respecte, même dans la moindre mesure, aucune des conditions requises par l'UE».