EUTHANASIE - La justice italienne avait autorisé l'arrêt de son alimentation, le procureur général de Milan s'y oppose...
La polémique autour Eluana Englaro, une femme italienne plongée dans le coma depuis 16 ans, rebondit. Alors que la Cour d'appel de
Milan, saisie par le père d’Eluana, avait autorisé ce dernier à interrompre «l'hydratation et l'alimentation forcées» qui maintiennent sa fille en vie depuis le 18 janvier 1992, le
procureur général de Milan s’oppose à cette décision.
Débat sur l'état végétatif de la jeune femme
Le substitut Maria Antonietta Pezza a demandé jeudi à la Cour de cassation d'annuler le jugement de la Cour d'appel de Milan du 9 juillet dernier. Elle estime que les juges d'appel «n'ont pas établi avec suffisamment d'objectivité l'irréversibilité de l'état végétatif permanent» de Eluana Englaro. La Cour d'appel avait pourtant retenu qu'il était prouvé que «l'état végétatif permanent était irréversible» et que la jeune femme «aurait préféré mourir qu'être maintenue en vie de manière artificielle» si elle avait pu s'exprimer.
Le recours du procureur général a un effet suspensif et rend donc impossible l'arrêt du traitement administré à Eluana dans un hôpital de Lecco (nord). La famille Englaro réclame à la justice qu'on la laisse mourir depuis 1999 mais une bonne partie de la classe politique italienne et l'Eglise catholique, farouchement opposée à l'euthanasie, y sont totalement hostiles. La bataille entre pro et anti-euthanasie continue donc.
Sa. C. avec agence