OMC: «La Commission européenne est chargée de négocier», pas la France

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Publié le 25 juillet 2008.

GENEVE - Nouvel incident entre Nicolas Sarkozy et le Commissaire européen Peter Mandelson...

Décidemment, les relations ne sont pas au beau fixe entre Nicolas Sarkozy et le Commissaire européen au commerce, le Britannique Peter Mandelson. Ce dernier n'a pas apprécié la dernière sortie du président en exercice de l'Union européenne concernant les négociations à l'Organisation mondiale du commerce. En déplacement à Batz-sur-Mer, Nicolas Sarkozy a affirmé jeudi que la France ne signerait pas en l'état l'accord en discussion à Genève.

Mise au point immédiate de Peter Mandelson: «La Commission est chargée de négocier ici à l'OMC au nom de tous les Etats membres», a-t-il affirmé aux journalistes, ajoutant: «Nous continuerons ainsi sur la base du mandat que nous avons.» Autrement dit, la France n'a pas son mot à dire dans les tractations entre l'UE et les autres pays membres de l'OMC, qui tentent depuis lundi de trouver un accord sur les relations commerciales Nord-Sud.  

Le sort de la production agricole au coeur des affrontements


Les deux hommes n'en sont pas à leur premier accrochage. Début juillet, Nicolas Sarkozy avait ainsi accusé Peter Mandelson d'être prêt à sacrifier la production agricole «sur l'autel du libéralisme mondial» en voulant faire signer un accord dans lequel l'UE «s'engagerait à diminuer de 20% sa production agricole, et à diminuer de 10% ses exportations agricoles». «C'est 100.000 emplois supprimés, je ne le laisserai pas faire», avait ajouté le président français.

Le commissaire européen au Commerce avait aussitôt jugé «fausses» et «injustifiées» ces critiques, estimant qu'elles nuisaient à l'unité européenne dans les négociations au sein de l'OMC.

Mandelson accusé d'être responsable du «non» irlandais

Deux semaines plus tôt, lors d'un sommet européen, Nicolas Sarkozy avait déjà accusé Peter Mandelson d'avoir joué un rôle dans le rejet du traité de Lisbonne par les Irlandais, lui reprochant d'avoir alimenté les craintes de pertes de subventions agricoles européennes parmi les fermiers irlandais, par sa position dans les négociations à l'OMC.
 
Peter Mandelson avait rejeté ces critiques, estimant que Paris voulait faire de lui un bouc émissaire. «Etant donné les politiques nationales particulières et les positions de la France sur le commerce, je pense qu'il plaît à la France de me dépeindre (...) comme responsable du “non” en Irlande», avait-il dit à la BBC.

Les cinq mois et demi restants de la présidence française de l'UE promettent d'être houleux.  
C. F. (avec agence)
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