EUROPE - Tant que Ratko Mladic est en fuite...
La capture de Radovan Karadzic constitue un pas de plus de la Serbie vers l'Union européenne. L'arrestation de l'ancien chef politique des Serbes de Bosnie, avec celle de deux autres fugitifs (Ratko Mladic, son homologue militaire, et Goran Hadzic, ancien leader des Serbes de Croatie, ndlr), est en effet la condition pour que la Serbie puisse intégrer l'UE.
Cette arrestation intervient d'ailleurs dix jours à peine après la formation à Belgrade d'un gouvernement
qui a fait du rapprochement avec Bruxelles son principal objectif. Le ministre serbe des Affaires étrangères, Vuk Jeremic, a ainsi estimé ce mardi qu'il fallait y voir la preuve que «la Serbie est sérieuse concernant son avenir dans l'UE».
Le déblocage de l'accord avec l'UE dans les mains du TPI
Le chef de la diplomatie européenne a de son côté espéré ce mardi que le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPI) allait juger de la «pleine coopération» de Belgrade avec ses services après cette capture et ainsi permettre le déblocage d'un accord crucial UE-Serbie. «Mais il y a encore quelques criminels en fuite», a nuancé Javier Solana.
La Serbie a signé fin avril un accord de stabilisation et d'association avec l'UE, première marche vers l'intégration à terme au bloc européen, mais le texte n'a pour l'instant pas pu prendre effet. Il ne pourra entrer en vigueur que si Belgrade «coopère pleinement» avec le TPI. Si donc le procureur du TPI, Serge Brammertz, estime qu'il y a désormais «pleine coopération», cette suspension pourrait être levée.
Les responsables européens prudents
Les responsables européens se sont toutefois montrés prudents ce mardi sur l'impact de cette capture. «Les choses se décident à 27 et on va dire “d'accord, Karadzic est arrêté, Mladic ne l'est pas”», a souligné le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, évoquant ainsi la possible réticence des Pays-Bas à lever leur veto à l'entrée en vigueur de l'accord d'association tant que l'alter ego militaire de Karadzic sera en fuite.
«C'est un pas positif dans la bonne direction, mais bien sûr il y a encore beaucoup à faire. Il y a encore quelques criminels à attraper avant que nous puissions avancer», a déclaré pour sa part le ministre finlandais des Affaires étrangères, Alexander Stubb. «C'est UN pas, ce n'est pas forcément LE pas» décisif, a renchéri son homologue suédois Carl Bildt.
Avec agence