Radovan Karadzic arrêté par les services secrets serbes

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Publié le 22 juillet 2008.

SERBIE – L'ancien chef politique des Serbes de Bosnie, inculpé de génocide, a été arrêté...

Radovan Karadzic, l'ancien chef politique des Serbes de Bosnie, a été arrêté par les services secrets serbes au terme d'une traque de 13 ans et sera transféré au Tribunal pénal international (TPI) en accord avec la procédure prévue par la loi, a déclaré ce mardi à Belgrade le procureur serbe pour les crimes de guerre, Vladimir Vukcevic.

Agé de 63 ans, Radovan Karadzic est inculpé de génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité pour son rôle dans la guerre de Bosnie qui fit plus de 200.000 morts entre 1992 et 1995, et notamment pour son implication dans le massacre de Srebrenica, où près de 8.000 hommes musulmans ont été éliminés en juillet 1995. Soit le pire massacre en Europe depuis la Seconde guerre mondiale. Karadzic était également poursuivi pour son rôle dans le siège de Sarajevo qui a duré 43 mois et pendant lequel quelque 10.000 civils ont été tués.

Les arrestations de Karadzic et Ratko Mladic, de même que celle d'un troisième fugitif, Goran Hadzic, ancien leader des Serbes de Croatie, sont la condition pour que la Serbie puisse intégrer l'Union européenne.

Arrêté vendredi ou lundi?

Grand, la chevelure grisonnante toujours en bataille, le front barré d'une mèche indomptable, il n'avait plus été vu en public depuis sa fuite en 1996. La date précise de son arrestation fait débat. Alors que la présidence serbe déclare que Radovan Karadzic a été arrêté lundi soir, son avocat Svetozar Vujacic affirme que son client a été arrêté vendredi et aurait été «détenu depuis dans une cellule».

Selon la presse, le fugitif n'a opposé aucune résistance lors de son arrestation dans un autobus des transports publics à Belgrade. «Il portait une longue barbe et ses cheveux étaient teints en noir. Il avait avec lui un sac de voyage et on pense qu'il s'apprêtait à quitter Belgrade», écrit le quotidien «Politika» sans citer toutefois ses sources. Le quotidien «Blic» précise pour sa part que les policiers l'ont emmené après lui avoir masqué le visage avec une capuche. Selon le procureur, il utilisait une fausse identité et vivait dernièrement dans la capitale serbe. «Il gagnait sa vie en s'occupant de médecine alternative et travaillait dans une clinique privée. Sa dernière adresse était à Novi Belgrade», quartier de la capitale serbe sur la rive gauche de la Sava, a indiqué Vladimir Vukcevic.

Le juge doit décider de son extradition vers le TPI

Un juge d'instruction a mis un terme mardi matin à son audition préliminaire. Le magistrat doit ensuite, dans un délai de trois jours, décider si l'inculpé remplit ou non les conditions pour être transféré au tribunal pénal international (TPI) de La Haye. «Le juge d'instruction a, à ma connaissance, déjà pris une décision (...) les conditions pour son transfert son réunies», a indiqué le procureur ce mardi. L'avocat de Radovan Karadzic a annoncé qu'il déposerait un recours contre la décision du juge d'instruction d'autoriser le transfert de son client.

Un panel de juges du tribunal pour les crimes de guerre à Belgrade a, à son tour, trois jours pour se prononcer sur une telle requête. L'inculpé n'a ensuite aucun nouveau recours et le ministère de la Justice peut alors décider de le transférer.

Il risque la prison à vie - le TPI ne prévoit par la peine de mort - s'il est reconnu coupable des quinze charges qui pèsent contre lui, notamment génocide, persécutions, exterminations, meurtres, déportations, actes inhumains ou encore prises d'otages.

Milosevic mort avant la fin de son procès

Au cas hautement improbable où il plaiderait coupable de tous ces chefs d'accusation, Radovan Karadzic éviterait un procès et les juges ne tiendraient qu'une audience pour fixer sa peine. Dans le cas contraire, et si l'accusé est jugé médicalement apte à comparaître, commencera la phase préparatoire au procès, une procédure longue car elle tient largement de la «common law» britannique, sans juge d'instruction à la française pour préparer le procès.

L'ancien président serbe Slobodan Milosevic, arrêté le 1er avril 2001 en Serbie, avait été transféré à La Haye le 29 juin. Sa comparution initiale avait eu lieu le 3 juillet, et son procès avait débuté le 12 février 2002. L'accusé est mort le 11 mars 2006 de cause naturelle avant la fin de la procédure.
V.G. (avec agence)
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