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Le 21 juillet, l’hebdomadaire Le New Yorker publiait en couverture une caricature du couple Obama dans le Bureau oval, poing contre poing, lui avec un costume musulman traditionnel, elle avec une kalachnikov. Après que ces deux-là se sont
salués avec le poing lors d’un meeting de campagne, un commentateur sur le site de droite
Human Events avait cru y reconnaître le «style Hezbollah». Plus tard, sur Fox News,
E.D. Hill avait parlé de «poing contre poing terroriste». Mais au fait, comment les terroristes se saluent-ils vraiment ?
Avec une triple bise. Les membres d’al-Qaïda utilisent certainement la façon traditionnelle de se saluer au Moyen-Orient: une étreinte, puis trois «joue-contre-joue» - la droite avec la droite, la gauche avec la gauche, et encore la droite avec la droite. Ce geste s’accompagne de l’expression arabe
as-salaamu aleikum, que la paix soit avec toi, et de la réponse
wa aleikum salaam, avec toi aussi. Les adhérents du
Hamas et du
Djihad islamique se disent bonjour de la même façon; les laïcs du
Front de libération de la Palestine diraient plutôt
marhaba ou
ahlan usahalan au lieu de
as-saamu aleikum.
Dans un livre publié sous un pseudo (
Au coeur du Djihad: mémoires d'un espion infiltré dans les filières d'al-Qaïda), un ancien espion raconte avoir assisté à une manière singulière de se dire bonjour dans le camp de Khaldan, en Afghanistan: les jeunes recrues d’al-Qaïda se saluaient d’un coup d’épaule.
On sait que les extrémistes environnementaux ou «éco-terroristes», comme le
Front de libération de la Terre, se saluent avec le poing levé ou serré, associé aux Etats-Unis au mouvement
Black Power. Un geste souvent considéré comme une marque de solidarité avec les causes anticonformistes.
En privé, les membres du groupe séparatiste basque ETA se saluent en euskara, la langue basque. Pour dire bonjour, c’est généralement
kaixo, mais aussi
aupa ou
epa. Pour un salut un peu plus formel, les membres d’ETA peuvent dire
Zer moduz zaude? (Comment ça va?) et répondre
Ondo! Eta zu? (Bien, et vous?). Certains peuvent utiliser aussi
Beti borroka egin! (Toujours lutter), slogan de l’ETA.
Les membres des Farc colombiennes suivent la coutume locale: les rebelles de base optent pour une poignée de main. Entre un simple guérillero et un commandant de haut rang, le salut sera plus formel – le guérillero au garde-à-vous demande la permission de parler et appelle le commandant comandante. Les guérilleros s’appellent parfois entre eux
camaradas, camarades, en référence à l’idéologie marxiste.
Pour ne pas être reconnus, les membres de l’Armée républicaine irlandaise évitaient d’avoir des manières spéciales de se saluer en public – cela aurait pu être utilisé contre eux lors d’un procès. Ils s’appelaient par leur prénom et se comportaient comme des connaissances. Même une recrue de base appelait
Gerry Adams et
Martin McGuinness, deux anciens leaders supposés de l’IRA, Gerry et Martin.
Quand ils se rassemblaient à l’abri des regards, les membres de l’IRA se comportaient un peu comme une unité militaire. En présence d’un officier supérieur, ils se mettaient au garde-à-vous, la main serrée derrière le dos. Mais l’organisation n’avait pas vraiment de salut officiel. Pendant les années 1970, le chef des prisonniers de l’IRA au centre de détention de
Long Kesh a introduit un «double salut» (la main deux fois portée au front), distinct du salut simple (la main au front une seule fois) de l’armée britannique, mais la sauce n’a jamais pris.
Posté mardi 15 juillet
Par Juliet Lapidos