Les raisons de la crise politique en Belgique

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Publié le 15 juillet 2008.

DECRYPTAGE – Alors que le Premier ministre a présenté sa démission…

Alors que le Premier ministre, Yves Leterme, a présenté sa démission, dimanche soir, la Belgique pourrait de nouveau sombrer dans la crise qu'elle avait traversé en 2007. Les tensions de l’an passé sont toujours vivaces. Coup d’œil sur les raisons du conflit.
 
Un pays fragmenté
La Belgique est un pays scindé en trois communautés (flamande, francophone et germanophone) et en trois régions: la Wallonie (sud), la Flandre (nord) et la capitale Bruxelles. L'Etat fédéral conserve la gestion de la justice, des affaires étrangères, de la défense ou encore de la sécurité sociale. Les «familles politiques» (chrétienne-démocrate, socialiste, libérale et écologiste) défendent des deux côtés de la frontière linguistique des priorités différentes, et chaque communauté dispose de ses propres médias.
 
Une rivalité entre Flamands et Wallons
La Flandre est devenue la région la plus riche du pays. Les Flamands, qui estiment avoir été discriminés dans le passé, réclament toujours plus d'autonomie au détriment de l'Etat fédéral, notamment en matière fiscale ou sociale. Les francophones redoutent une perte des transferts financiers du Nord et craignent que les revendications flamandes ne mènent le royaume à l'éclatement.
 
Les Flamands réclament en outre que les francophones vivant en Flandre s'adaptent et apprennent le néerlandais. Ils veulent également remettre en cause la possibilité qu'ont les Wallons de la périphérie flamande de Bruxelles de voter pour des candidats francophones bruxellois aux élections législatives.
 
Un gouvernement sans solution
En remettant sa démission au roi Albert II, dimanche soir, Yves Leterme reconnaît son échec à arracher un accord sur une réforme donnant plus d'autonomie à la Flandre dans le délai qu'il s'était imparti lors de son entrée en fonction fin mars, à savoir ce 15 juillet. Depuis le début de la crise, les Flamands réclament une autonomie fiscale que leur refusent les francophones. Evoquant des «visions opposées inconciliables» entre les communautés belges, Yves Leterme a de nouveau appelé à une réforme de l'Etat. C’est la troisième fois qu’il jette l’éponge, après une première fois en août 2007 puis le 1er décembre 2007.
 
Et après?
Le roi n’a pas encore accepté la démission d’Yves Leterme. Cela signifie, soit qu'Albert II espère encore convaincre l'actuel chef du gouvernement chrétien-démocrate de rester en poste, ce qui paraît peu probable, soit qu'il a besoin d'un peu de temps pour poursuivre ses consultations et imaginer un moyen d'éviter que le pays ne replonge dans la crise.
Sandrine Cochard
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