Union pour la Méditerranée: «Au dernier moment, nous avons échoué», selon Bernard Kouchner

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Publié le 14 juillet 2008.

DIPLOMATIE - C'est ce qu'a affirmé le ministre des Affaires étrangères, ce lundi...

Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a fait état lundi d'un «blocage» de dernière minute entre Israéliens et Palestiniens lors du sommet de l'Union pour la Méditerranée (UPM) à Paris.

Interrogé sur Europe 1, le ministre a salué comme un «événement magnifique» ce sommet qui a officiellement lancé l'UPM en présence des dirigeants de 43 pays et s'est conclu par l'adoption d'une déclaration finale d'une dizaine de pages.

Etat nation

Il a estimé que la rencontre s'était déroulée «avec la paix en arrière fond». Il a néanmoins regretté «un dernier moment de blocage entre les Israéliens et Palestiniens qui a fait que le texte doit être encore un peu corrigé. Au dernier moment, nous avons échoué, peut-être à une demie-heure près sur un mot», a poursuivi le ministre. Ce mot, a-t-il expliqué, concerne «l'Etat nation, l'Etat national et démocratique».

«National, ça sous-entend toute une difficulté de retour des réfugiés et d'Etat juif ou pas juif, d'Etat palestinien. Bref, ça n'a pas eu lieu». La délégation palestinienne a confirmé ce différend. «Les Israéliens ont insisté pour inclure la mention "Etat pour le peuple juif", ce à quoi nous nous sommes catégoriquement opposés, a déclaré à l'AFP le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad Al-Maliki. Il était hors question pour nous de l'accepter», a-t-il ajouté. «Nous aurions souhaité que la déclaration finale sur ce point soit plus claire», a renchéri un responsable palestinien parlant sous couvert d'anonymat.

Deux Etats

Un responsable israélien a pour sa part expliqué que sa délégation était «d'accord avec tout ce qui a été adopté dans la déclaration car cela a été fait par consensus». Le passage politique de la déclaration finale du sommet de l'UPM, dont le président Nicolas Sarkozy avait expliqué qu'elle avait été adoptée à l'unanimité, ne fait pas de référence directe à ce concept, et renvoie à ce sujet aux conclusions de la réunion de Lisbonne en novembre 2007, et au processus d'Annapolis.

Dans la déclaration publiée à l'issue de la conférence euro-méditerranéenne de Lisbonne, les 5 et 6 novembre, il est écrit que «les discussions bilatérales entre Israël et l'Autorité palestinienne doivent préparer le terrain (...) pour deux Etats nationaux». Le 27 novembre à Annapolis, en revanche, il n'est fait mention que de «l'objectif de parvenir à deux Etats, Israël et la Palestine».

Présence de la Syrie

Réagissant également à la polémique déclenchée par la présence du président syrien Bachar al-Assad à Paris, Bernard Kouchner a répondu: «Avec qui fait-on la paix? Si on tente d'entamer un processus d'apaisement, c'est bien parce que les gens se battent». «Les Israéliens nous ont félicités. Ils étaient très contents de voir Bachar al-Assad à Paris. Hier, il a affirmé que en six mois, en deux ans, on pourrait atteindre l'objectif de la paix entre la Syrie et Israël», a-t-il ajouté.

Plus globalement, le chef de la diplomatie français a estimé que le sommet ne «sera un succès que si, ensuite, nous nous donnons les moyens d'aider, les moyens de proposer, et puis si les protagonistes se donnent l'esprit de poursuivre. Nous avons proposé des projets pour la Méditerranée, maintenant il faut passer à l'action», a-t-il conclu.


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