Ils sont deux à y croire. Nicolas Sarkozy et sa « plume », Henri Guaino. Autant dire que dimanche, le président et son conseiller spécial risquent d'être ravis. Ils auront réussi à obtenir la présence au Grand Palais, pour une réunion de 3 heures, d'...
Ils sont deux à y croire. Nicolas Sarkozy et sa «plume», Henri Guaino. Autant dire que dimanche, le président et son conseiller spécial risquent d'être ravis. Ils auront réussi à obtenir la présence au Grand Palais, pour une réunion de 3 heures, d'une quarantaine de dirigeants. Parmi lesquels deux personnalités de pays officiellement en guerre : le président syrien, Bachar el-Assad, et le Premier ministre israélien, Ehoud Olmert.
Sarkozy et Guaino ont imaginé seuls ce projet d'Union de la Méditerranée, ainsi qu'ils l'avaient baptisé, avant de le renommer au fil des compromis avec leurs partenaires européens : «Processus de Barcelone: Union pour la Méditerranée (UPM)». En clair? «Ce qui a été fait pour l'Union de l'Europe voilà soixante ans, nous allons aujourd'hui le faire pour l'Union de la Méditerranée», annonçait le chef de l'Etat, le soir de sa victoire, le 6 mai 2007.
«Risque de désintégration»
Son projet : bâtir, à la place des pays concernés, une union, à l'égal de l'Union européenne. Sauf que celui-ci est lancé avant d'être présenté aux 27. Angela Merkel, la chancelière allemande, découvre, fumasse, ses grandes lignes, en même temps que tout le monde, et le fait qu'il n'inclut pas les membres de l'UE. En décembre, elle dénonce le « risque de désintégration » au sein de l'UE.
Entre Paris et Berlin, les relations sont au plus bas jusqu'à ce que les deux parviennent, en mars, à un compromis. Le «rêve» de Sarkozy et de Guaino se retrouve écorné. L'UPM inclut les 27 membres de l'UE et n'est qu'une autre version du processus de Barcelone, proposé en 1995 par l'UE aux pays du sud de la Méditerranée. Or, celui-ci n'a jamais marché.
Scepticisme
Pourquoi ? Les multiples conflits de la région - Algérie et Maroc, conflit israélo-palestinien, etc. - ont grevé tous les projets transversaux. L'Elysée a beau marteler que «la qualité des projets» fera, cette fois, le succès de l'UPM, le scepticisme est unanime. Il n'y a pas plus d'argent et de volonté aujourd'hui qu'hier d'avancer vers la paix. Et
la présidence française de l'UE ne dure que six mois.
Bien trop peu pour un projet aussi ambitieux et que seul l'Hexagone semble avoir envie de porter. Pas sûr en effet, qu'en janvier, la République tchèque, qui doit lui succéder, s'en empare avec autant d'entrain.
Armelle Le Goff