IRAN - Regain de tension sur le nucléaire iranien...
En pleine crise sur le nucléaire iranien, l'Iran a testé, ce mercredi, neuf missiles à moyenne et longue portée, dont un, capable d'atteindre Israël et les bases américaines dans la région.
But de l'opération: montrer que les Iraniens sont «prêts à défendre l'intégrité de la nation iranienne», a déclaré le commandant des forces aériennes des
Pasdarans, les Gardiens de la Révolution. «Nos missiles sont prêts à être lancés n'importe où, n'importe quand, vite et avec précision». Grâce, notamment, à un «Shahab 3 équipé d'une charge conventionnelle d'un poids d'une tonne et d'une portée de 2.000 km».
«Mettre le feu à Tel-Aviv et à la flotte américaine»
Ces tests interviennent dans un contexte de tension croissante entre l'Iran et Israël. Selon le «
New York Times», Israël aurait fait des entraînements d'attaque sur les sites nucléaires iraniens en juin. L'Iran a menacé, mardi, «de mettre le feu à Tel-Aviv et à la flotte américaine dans le Golfe Persique» en cas d'attaque contre ses installations nucléaires.
«Ces essais sont en rapport avec les menaces d'attaques militaires d'Israël. Bien sûr, les pasdarans veulent montrer au monde que l'Iran est toujours en mesure de se défendre. Mais c'est aussi destiné à la population iranienne», explique Azadeh Kian-Thiébaut, professeur de sciences politiques à Paris VII et spécialiste de l'Iran.
Mardi, les chefs d'Etat et de gouvernement du G8 ont de nouveau demandé à l'Iran de «suspendre toute activité liée à l'enrichissement d'uranium». Ce à quoi Téhéran a répondu que l'Occident «perdait son temps».
«L'Iran compte sur le mécontentement russe»
La démonstration de force de l'Iran intervient au lendemain de la
signature de l'accord entre les Etats-Unis et la République Tchèque sur le bouclier antimissile, visant, en partie, à se protéger des missiles iraniens. Un accord qui a provoqué le mécontentement russe. Or la Russie est un des défenseurs du nucléaire civil iranien, «l'Iran compte donc sur le mécontentement russe pour continuer son programme nucléaire», explique Azadeh Kian-Thiébaut.
Washington a condamné ces essais après avoir annoncé la veille de nouvelles sanctions contre quatre groupes iraniens suspectés d'aider Téhéran à se doter de l'arme atomique. Si les Etats-Unis ont répété vouloir régler le problème du nucléaire iranien par la diplomatie, ils refusent, tout comme Israël, d'exclure un recours à la force.
Kéthévane Gorjestani