A chaque G8 ses petites phrases pontifiantes et pleines de bonnes intentions. « Désormais, le monde ne pourra plus échapper à ses obligations », a ainsi clamé la chancelière allemande hier. Angela Merkel saluait l'accord, survenu lors du sommet au Japon des huit pays les plus industrialisés, sur une réduction « d'au moins 50 % » d'ici à 2050 des émissions mondiales de gaz responsables du réchauffement climatique, ouvrant la voie aux négociations de l'ONU vers un accord global à la fin 2009. Les Etats-Unis, premier émetteur de gaz à effet de serre, ont accepté la décision moyennant des aménagements de date et de contraintes. Mais, cette fois, les pays émergents ne sont pas dupes.
L'Afrique du Sud a ainsi assimilé l'accord à « un slogan vide de sens ». Le Brésil, la Chine, l'Inde et le Mexique se sont joints à elle pour critiquer des progrès jugés insuffisants, et ont pressé le G8 d'établir des objectifs à plus court terme. « Il est essentiel que les pays développés montrent la voie et réduisent en 2020 leurs émissions de gaz à effet de serre (...) d'au moins 25 % à 40 % par rapport à leur niveau de 1990, et en 2050 de 80 % à 95 % » par rapport à cette même date, ont-ils déclaré.
Les ONG ne sont pas plus convaincues. « A ce rythme, le monde sera cuit d'ici à 2050 ! », a ironisé Oxfam. Selon elle, « l'annonce du G8 pour 2050 n'est pas un progrès. Il s'agit plutôt d'inertie. » Nicolas Sarkozy a quant à lui salué l'accord, remarquant que « c'est parce qu'on fixe un objectif qu'on le tient, mais on n'a aucune chance de le tenir si on ne le fixe pas. »
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L'interview d'un climatologue