POLITIQUE – Nicolas Sarkozy a annoncé l'extradition de Marina Petrella…
Marina Petrella va être extradée vers l’Italie. Nicolas Sarkozy a donné son accord, mardi, tout en demandant au président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, de solliciter la grâce de l'ancienne membre des Brigades rouges auprès du président italien. Marina Petrella, aujourd'hui âgée de 54 ans, avait été
arrêtée en France le 22 août 2007.
Le Président a précisé que cette mesure n’avait «certainement pas» vocation à être étendue à d’autres.
Le président de la République italienne Giorgio Napolitano a rappelé mercredi à son homologue français qu’il y avait des lois à respecter dans l’attribution de la grâce et que celle-ci était de «la compétence exclusive» du chef de l’Etat.
L’ex-brigadiste est actuellement soignée au sein du service psychiatrique de la prison de Fleury-Mérogis (Essonne). Elle a déposé un recours devant le Conseil d’Etat après la signature du décret d’extradition par le Premier ministre le 9 juin dernier. Il est d’usage que la France n’extrade pas tant que le recours n’a pas été examiné, ce qui peut prendre plusieurs mois.
La romancière Fred Vargas, très active dans le mouvement de soutien à l'ex-brigadiste Cesare Battisti, a jugé cette «demande totalement paradoxale et contradictoire.» La France doit «réaffirmer sa parole d'Etat puisqu'elle fait exactement la même chose pour les Farc», ajoute-t-elle, en référence à la perspective d'accueil par la France d'anciens guérilleros. Elle estime que la demande de grâce «devrait s’appliquer à Battisti pour raisons humanitaires aussi.»
Le Syndicat de la magistrature (gauche) a dénoncé des «petits arrangements entre amis» à propos de la demande de grâce. De son côté, l’Union syndicale des magistrats a apporté son soutien à la justice italienne pour son «strict respect des règles fondamentales de la procédure pénale.
Condamnée par contumace
En 1992, une cour italienne a condamné Marina Petrella par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre d’un commissaire de police en 1981, pour la séquestration d’un magistrat ainsi que pour vol avec arme et attentats. Arrêtée en 1982, la brigadiste avait profité d’une remise en liberté sous contrôle judiciaire en 1986 pour s’enfuir en France.
Jurisprudence Mitterrand
Après
Cesare Battisti, finalement arrêté en mars à Rio de Janeiro, au Brésil, et Paolo Persichetti, extradé en 2002, Marina Petrella est la troisième terroriste d’extrême gauche à subir une procédure d’extradition après avoir bénéficié de la «jurisprudence Mitterrand». L'ancien président de la République avait pris l'engagement en 1985 de ne pas extrader ces personnes à condition qu'elles renoncent à la violence, excluant toutefois les auteurs de crimes de sang.
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K.G et Sa. C. avec agence
BRIGADES ROUGES
Les Brigades Rouges (BR), un groupe terroriste d’extrême gauche, ont été l'un des principaux acteurs des «années de plomb» (1970-1980) en Italie, à l’origine de quelques 15.000 attentats et de plus de 400 morts en Italie. Leur crime le plus marquant est l’assassinat de l'ancien chef du gouvernement et leader de la Démocratie-Chrétienne Aldo Moro, en 1978, après l’avoir enlevé et détenu pendant 55 jours. A l’époque, les BR sont dénoncés par la quasi-totalité de la classe politique italienne ainsi que par le monde syndical, après l’assassinat du syndicaliste Guido Rossa.