Libération d'Ingrid Betancourt: quel rôle ont joué les Etats-Unis?

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Publié le 4 juillet 2008.

DIPLOMATIE - Premiers avertis de l’imminence de l’opération «Jaque» («échec et mat»), les Américains auraient contribué…

Premiers avertis de l’imminence de l’opération «Jaque» («échec et mat»), les Américains auraient contribué à la libération des 15 otages, dont Ingrid Betancourt et trois de leurs ressortissants, mercredi. Explications.

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Présence «fortuite» de McCain


La décision du candidat républicain à la présidentielle américaine de se rendre en Colombie en pleine campagne avait intrigué. Avec le recul, sa présence apparaît de moins en moins comme «fortuite». Car McCain était à Carthagène, mardi soir, à la Casa de Huespedes Ilustres, avec le président colombien Alvaro Uribe, et son ministre de la Défense. «Ceux-ci lui ont détaillé l'opération que le commando de l'armée colombienne allait lancer le lendemain pour libérer Ingrid Betancourt et, surtout, les trois citoyens américains otages des Farc depuis 2003», selon «lepoint.fr». Les Etats-Unis, pourtant peu impliqués dans le processus de libération des otages, auraient donc été mis au courant avant l’Elysée.

Et pour cause: les services secrets américains auraient repéré depuis plusieurs mois les trois otages américains avant de participer directement à l’opération «Jaque». «Nous étions au courant dans la phase préparatoire, mais cette opération a été conçue par les Colombiens et menée par les Colombiens, avec notre total soutien. Ils n'ont pas eu besoin d'un feu vert de notre part», a confirmé la porte-parole de la Maison Blanche, Dana Perino, jeudi soir.

«L'ambassadeur William Brownfield et l'amiral James Stavridis, commandant des forces américaines dans la région, ont directement et de manière très étroite, participé à la planification de la libération des otages, a reconnu l'ambassadeur mercredi soir sur CNN», affirme lepoint.fr. De même que les forces israéliennes, selon liberation.fr.

La Colombie est un allié des Etats-Unis

Car depuis le lancement du «plan Colombie», en 2000, dans le cadre duquel les États-Unis ont fourni plus de quatre milliards de dollars d'assistance à la lutte antiguérilla et contre le trafic de cocaïne, les deux pays ont tissé des liens politiques: ils prônent en effet tous les deux la méthode dure pour venir à bout du terrorisme.

Des liens renforcés près les attentats du 11 septembre, Bogota a inscrit les Farc sur la liste des organisations terroristes internationales. Une façon d’en faire des parias et de montrer à Washington que la Colombie œuvre dans la lutte contre le terrorisme. Alliés, les deux pays font également front commun face à un autre ennemi: le président vénézuélien Hugo Chavez, bête noire des Etats-Unis en Amérique latine et négociateur un peu trop conciliant avec les Farc, au goût d’Uribe.

Des liens économiques unissent également la Colombie aux Etats-Unis: George Bush cherche depuis quelques mois pour faire adopter par le Congrès un traité commercial de libéralisation des échanges avec la Colombie. La majorité démocrate s'y oppose, accusant le gouvernement Uribe de violations des droits de l'homme. La libération des otages tombe donc à pic pour les deux pays.
Sandrine Cochard
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