ETATS-UNIS - 55% des décès par balles sont des suicides...
Se défendre ou se mettre en danger? Jeudi dernier, la
Cour suprême a réaffirmé le droit de chacun à se protéger et donc à posséder une arme à feu. Mais, une étude montre que la plupart du temps, les Américains utilisent leur arme contre eux-mêmes, rapporte AP ce lundi.
31.000 morts par an
Sur les 31.000 morts par armes à feu en 2005 aux Etats-Unis (derniers chiffres disponibles), 55% sont des suicides selon l’étude du Centre pour le contrôle et la prévention des maladies (
CDC). En 2005, les homicides représentaient 40% des décès par balles, 3% étaient des accidents et 2% des meurtres «légaux», comme ceux perpétrés par la police.
Pourtant, rien d’extraordinaire en 2005. Les suicides par balles ont été plus nombreux que les homicides ou tirs accidentels sur 20 des 25 dernières années.
Les études ont montré que dans les foyers où des armes sont présentes, les risques de suicide ou d’homicide sont beaucoup plus importants. Inversement, les foyers où il y a eu un suicide ont trois à cinq fois plus de probabilité de posséder une arme que les autres.
Dans son arrêt, la Cour a rejeté une loi, en vigueur à Washington DC depuis 1976,
limitant très strictement le port d’armes, malgré une étude montrant une baisse nette des taux de suicide et d’homicide dans la ville après l’adoption de la loi.
Caractère «fatal» de l’arme
Quatre groupes de santé publique ont soutenu cette loi, réfutant les arguments mis en avant par les «pro-armes», selon lesquels, si les armes étaient interdites, les gens se suicideraient par d’autres moyens. Ils ont mis en avant le caractère «fatal» des armes à feu. Plus de 90% des suicides réussissent, alors qu’il y a seulement 34% de réussite dans les cas de défenestration et de 2% pour les overdoses.
Kéthévane Gorjestani