Sous la pression de l'ONU, des Etats-Unis et de l'Union européenne, les observateurs de l'Union africaine (UA) sont enfin sortis de leur silence hier après la réélection contestée du président autocrate, Robert Mugabe, au Zimbabwe. Alors que s'ouvrait le onzième sommet de l'Union africaine en Egypte en présence de l'intéressé, ils ont dénoncé un scrutin organisé dans un climat de violence et jugé sa réélection non démocratique, tout en espérant trouver un compromis.
La veille, Robert Mugabe, 84 ans, avait été investi pour un sixième mandat après un second tour où il était seul en lice. Le chef de l'opposition Morgan Tsvangirai, arrivé en tête au premier tour du 29 mars, avait en effet jeté l'éponge face aux violences.
C'est la première fois que des observateurs de l'UA font preuve d'une telle fermeté envers le Zimbabwe. En 2002, l'UA avait validé la réélection controversée de Mugabe, alors que l'Occident avait adopté des sanctions pour protester contre le scrutin.
Isolé sur la scène internationale, le président du Zimbabwe a fait mine de donner un signe d'ouverture en laissant espérer des négociations rapides avec l'opposition, qui a elle-même laissé la porte ouverte à des discussions. « Mugabe sait depuis un mois qu'il doit négocier, explique Sylvain Touati, chercheur à l'Institut français de relations internationales (Ifri). Mais il voulait le faire en position de force. D'où le matraquage de l'opposition. »