DIPLOMATIE – A Béthléem, le Président français a rendu visite mardi au président de l'Autoruté palestinienne...
Pour son dernier jour au Proche-Orient, Nicolas Sarkozy a franchi la «barrière de sécurité» qui sépare les territoires palestiniens de Cisjordanie et d’Israël. A Bethléem, ville située à quelques kilomètres de Jérusalem, cette barrière prend la forme d'un mur de béton de près de 10 mètres de haut ponctué de miradors. De l’autre côté, l’attendait le Chef de l’Autorité palestinienne, pour une visite de quelques heures.
Au lendemain de
son discours de «vérité» à la Knesset, la rencontre avec Mahmoud Abbas aurait été chaleureuse. En ouvrant leur conférence de presse conjointe, le leader palestinien a d’ailleurs tenu à «remercier profondément Nicolas Sarkozy pour ses efforts pour la paix». Dans l’assistance, au premier rang, l’épouse du chef de l’Etat Carla Bruni, mais aussi Simone Veil.
La présence de l’ancienne ministre et rescapée des camps d’extermination nazis semblait devoir symboliser cette volonté revendiquée du chef de l’Etat de ne pas tenir de double discours. «Il n’y a pas un langage à la Knesset et un langage ici», a affirmé le chef de l’Etat français.
Abbas, «homme de paix»
Mardi, Nicolas Sarkozy a de nouveau répété son amitié pour Israël et la « priorité » de la France « pour la création d'un Etat (…) pour les Palestiniens ». Il a rendu hommage à Abbas «homme de paix» et condamné le Hamas, avec qui il refuse tout dialogue : «On ne crée pas la paix avec le terrorisme».
«On souhaitait que les prises de risque soient dans ce qu’on disait et pas dans ce qu’on faisait», a expliqué l’Elysée au cours du voyage d’Etat de trois jours de Nicolas Sarkozy au Proche-Orient, dans une attaque non dissimulée à son prédécesseur Jacques Chirac.
«Magie du verbe»
Pari tenu? Du côté de l'Autorité palestinienne comme du côté israélien, les réactions ont été positives. «Chacun sait bien comment faire la paix. Maintenant, il faut qu’il y en ait un qui prenne un risque. La France est prête à intervenir au moment où se prendra la décision», a répété le chef de l’Etat.
Mais «la magie du verbe», que défend l’Elysée sur ce dossier, peut-elle suffire ? Mardi, le Jihad islamique, mouvement radical palestinien, a tiré quatre roquettes, en réponse à la mort d'un de ses chefs en Cisjordanie par l’armée israélienne le matin même, en dépit de la trêve conclue la semaine dernière par le Hamas, maître du territoire depuis juin 2007.
Armelle Le Goff, à Bethléem
Avant de rencontrer Mahmoud Abbas, le président Sarkozy aura une matinée chargée: rencontre avec Benjamin Netanyahou, ancien Premier ministre israélien et chef de l'opposition, présentation de
la voiture Mégane à alimentation électrique, produit d'une joint-venture franco-israélienne, rencontre avec les milieux d'affaires français et israéliens, une manifestation à laquelle participera également la présidente du Medef, le patronat français, Laurence Parisot.