Nicolas Sarkozy ébauche à la Knesset les conditions d'une paix israélo-palestinienne

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Publié le 23 juin 2008.

PROCHE-ORIENT – Cela faisait 26 ans qu’un chef de l’Etat français ne s’était pas exprimé au Parlement israëlien...

Cela faisait 26 ans, depuis le président François Mitterrand en 1982, qu’un chef de l’Etat français ne s’était pas exprimé à la Knesset, le Parlement israëlien. Lors d'un discours d'une demi-heure, Nicolas Sarkozy a tenté de présenter Paris comme facilitatrice des négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens. Le moment fort d’une visite d’Etat démarrée sur les meilleurs auspices par des déclarations d’amitié répétées du président de la République à l’attention de l’Etat hébreu.

«La France veut apporter sa contribution à la paix», a affirmé le chef de l’Etat français, après avoir énuméré les conditions de celle-ci: «Il ne peut y avoir de paix sans l’arrêt de la colonisation (…) Il ne peut y avoir de paix si les palestiniens ne combattent pas eux-mêmes le terrorisme. Mais pas de paix non plus si les Palestiniens sont empêchés de circuler».

Sarkozy rappelle les origines juives de son grand-père


Pas de paix non plus, pour le chef de l’Etat français, «sans que soit résolu le problème des réfugiés palestiniens». Enfin, Nicolas Sarkozy, qui, au cours de son discours a rappelé les origines juives de son grand-père, pas de paix «sans la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de deux Etats».

Le président français, qui, à plusieurs reprises, a répété être «l’ami d’Israël» a condamné sans ambages les propos du Président iranien Mahmoud Ahmadinejad appelant à rayer Israël de la carte du monde. Un ami inconditionnel, qui, en début de discours, a longuement salué, sous les applaudissements répétés de l’Assemblée, la fondation de l’Etat d’Israël, comme une réponse à «l’interrogation angoissée que la petite Anne Franck a noté dans son journal: “J’ai espéré que ce pays deviendrait ma patrie, à moi l’apatride; je l’espère encore”».

Le sommet de l'UPM en vue


Mais «on doit la vérité à ses amis », a-t-il affirmé pour marquer la deuxième partie de son discours. «La vérité, c’est qu’il faut que ce conflit s’arrête, que cette violence cesse, que cette haine qui dresse les peuples les uns contre les autres s’éteigne». «C’est aux dirigeants du peuple d’Israël et à ceux du peuple palestinien qu’il appartient de faire la paix», a martelé le président qui a terminé sur son sommet pour l’Union pour la Méditerranée (UPM), comme un espoir pour «qu’un jour les enfants de la Méditerranée cessent de se haïr et de vouloir dès la naissance venger les malheurs de leurs père».

Si Nicolas Sarkozy a abordé tous les sujets douloureux : l'arrêt de la colonisation, la nécessité de créer un Etat palestinien, la question de Jérusalem et des réfugiés, le Président français en est resté aux principes. Il s'est positionné comme un facilitateur, certes, mais sans grands moyens, face à un processus de paix relancé à Annapolis en 2007, mais, qui, depuis patinent.
De notre envoyée spécial, Armelle Le Goff
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