ITALIE – Le chef du gouvernement italien vient de faire adopter une loi qui suspend 100.000 procès, dont le sien…
Il est des lois qui servent ostensiblement les intérêts des personnes qui les proposent. Comme en Italie, où
Silvio Berlusconi vient de faire adopter une loi qui suspend 100.000 procès, dont le sien, six mois après
son retour au pouvoir. L'amendement, baptisé «Sauvez le Premier» ministre par l'opposition de gauche, a été adopté mercredi au Sénat par 160 voix pour et onze contre sur 315 votants.
Le texte, qui doit encore être voté par la Chambre des députés (où le gouvernement dispose de la majorité absolue) donne la priorité aux procès touchant les affaires les plus récentes et considérées comme les plus graves, quand la peine encourue est supérieure à 10 ans.
«Justice à genoux»
Tous les autres procès concernant des faits commis avant le 30 juin 2002 seront donc suspendus pendant un an. Ce qui tombe bien pour Silvio Berlusconi: son procès pour corruption fait partie des 100.000 affaires ainsi suspendues. Une coïncidence qui fait bondir l’opposition et la justice italiennes. «Cela va mettre la justice pénale à genoux. Ce sera un chaos sans précédent», a averti mercredi soir Giuseppe Cascini, le secrétaire général de l'Association nationale des magistrats (ANM), le principal syndicat de magistrats.
Selon les magistrats, les greffes des tribunaux vont être submergés car ils vont devoir prévenir tous les justiciables concernés du report pour un an de leur procès. «Nous refusons de croire que l'on suspend 100.000 procès pour en éviter un seul. Ce serait extrêmement grave», a lancé le secrétaire général.
Sa C avec agence
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