L'Irlande a entamé vendredi matin le décompte du référendum sur le traité européen de Lisbonne dont les résultats, attendus en fin de journée, pourraient provoquer une crise majeure en Europe en cas de victoire du "non"
L'Irlande a entamé vendredi matin le décompte du référendum sur le traité européen de Lisbonne dont les résultats, attendus en fin de journée, pourraient provoquer une crise majeure en Europe en cas de victoire du "non" - Peter Muhly AFP

Vincent Glad

Les Irlandais ont rejeté le référendum sur le Traité de Lisbonne, selon des résultats définitifs, a annoncé la radio-télévision publique (RTE). Conséquence immédiate, selon Jean-Claude Juncker, le premier ministre luxembourgeois, «le traité de Lisbonne n'entrera pas en vigueur au 1er janvier 2009».

Auparavant, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, avait déclaré que: «tout indique que l'Irlande a voté contre le traité». C'est une mauvaise nouvelle pour le gouvernement français qui s'apprête à prendre le 1er juillet la présidence de l'Union européenne.

«La Commission européenne pense que les ratifications qui restent à faire devraient continuer à suivre leur cours», a déclaré Barroso. Le gouvernement irlandais estime que malgré le non au référendum en Irlande, le traité de Lisbonne «n'est pas mort», a aussi indiqué le président de la Commission.

Le non en tête dans les campagnes

La télévision publique RTE donne un premier décompte national, accordant un score de 53,7% au non, contre 46,3% pour le oui. Des résultats partiels sur 33 des 43 districts irlandais mais déjà un rejet plus important qu'en 2001 lorsque l'Irlande avait repoussé à 52,2% le Traité de Nice. Le non semble assuré de l'emporter selon la chaîne de télé qui prédit que le oui a des chances de l'emporter dans seulement six des 43 circonscriptions.

Le ministre irlandais des affaires européennes Dick Roche a indiqué que les zones ouvrières urbaines et les circonscriptions rurales ont plutôt voté non tandis que le oui fait mieux dans les zones urbaines de la classe moyenne.

«Une claque monumentale pour Nicolas Sarkozy et Angela Merkel»


Le député européen Jacques Toubon, joint par 20minutes.fr, refuse de se décourager: «4 millions d'Irlandais qui bloquent 400 millions d'européens, c'est la démonstration même de l'utilité du Traité de Lisbonne qui permet de prendre les décisions à la majorité, comme dans toutes les démocraties.»

Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République, infatigable défenseur du non, déclare à 20minutes.fr que
«c'est une claque monumentale pour Nicolas Sarkozy et Angela Merkel». Le député de l'Essonne a fait campagne en Irlande où il a été frappé par «la peur d'une Europe de la défense dans ce pays très pacifique».

Sarkozy et Merkel serrent les coudes


La France et l'Allemagne ont réagi ensemble aux réusltats du référendum: «Nous prenons acte de la décision démocratique des citoyens irlandais avec tout le respect qui lui est dû, même si nous la regrettons», indiquent Paris et Berlin dans une déclaration.

>> L'«Irish Times» publie la carte des résultats, cliquez ici pour la voir...

Vous êtes plus de 500 à avoir réagi à cette nouvelle (ce qui explique quelques lenteurs dans l'affichage des commentaires). Nombreux sont ceux qui se réjouissent comme Addict_gamer: «Victoire ! Merci au peuple Irlandais.» Joachim31 est même plus enthousiaste: «YEEEESSS!!! Merci aux Irlandais de nous avoir enlevé ce truc qu'on nous avait enfilé de force», écrit-il. Angaflo a même une proposition: «On fait un référendum Européen tous ensembles pour savoir si le peuple veut l’Europe et résultat à la proportionnelle. On dissout l’Europe si la majorité n’en veut pas, de même pour la constitution si elle est refusée par la majorité, on en reste à une Europe des nations sans interférences du comité Européen en rôle consultatif seulement, ni subventions alors.»