Le président syrien Bachar al-Assad a appelé mardi les dirigeants israéliens à "proclamer d'une manière officielle et claire" leur volonté de paix, dans un discours devant le parlement.
Le président syrien Bachar al-Assad a appelé mardi les dirigeants israéliens à "proclamer d'une manière officielle et claire" leur volonté de paix, dans un discours devant le parlement. - Louai Beshara AFP

Sandrine Cochard

Avant même que l’Elysée confirme, jeudi, avoir convié le président syrien Bachar al-Assad aux cérémonies du 14 juillet, des responsables politiques étaient montés au créneau.

>>Pour lire ce qu'en dit notre blogueur Christophe Carignano, cliquez ici<<

Alors que Nicolas Sarkozy avait évoqué l’idée de renouer des liens avec la Syrie, rompus sous Chirac au lendemain de l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, lors de son voyage au Liban, samedi dernier, la perspective de voir Bachar al-Assad à la tribune officielle lors du défilé français a jeté un froid au Liban.

Samedi, le leader druze Walid Joumblatt qualifiait une telle invitation de «honte pour le peuple français», lors d’une interview à une télévision arabe, selon «Libération». Une critique dont certains hommes politiques français se sont fait l’écho. Dimanche, François Bayrou, président du MoDem, avait appelé à «réfléchir avec beaucoup de soin» avant de l'accueillir. «La question de la Syrie suscite beaucoup de soucis au Liban, notamment la perspective de voir le chef de l'Etat syrien participer avec un rôle de premier plan, à la fois aux réunions du 13 juillet sur l'Union pour la Méditerranée et au défilé du 14 juillet», avait-il averti. Lundi, le Parti socialiste lui a emboîté le pas, estimant que si l’invitation du président Assad pour le sommet était une «bonne chose», il serait «peu judicieux» qu’elle «se poursuive» pour les cérémonies du 14 juillet.

«La France a vocation à dialoguer avec tout le monde»

Pour le spécialiste du Proche-Orient, Antoine Sfeir, la position de la France marque une évolution mais pas une révolution. «La France refusait de renouer avec la Syrie tant que le Liban ne disposait pas d’un Président, accusant le pays de Bachar al-Assad d’empêcher la tenue d’élection, a-t-il expliqué à 20minutes.fr. Maintenant que le Liban a élu son Président, Paris peut parler avec Damas. Cela déplaît aux anti-Syriens, certes, mais le fait est que le dogmatisme n’a jamais réussi au Liban.»

Et l’Occident ne peut se permettre d’écarter le régime syrien. «La Syrie est un acteur dans plusieurs dossiers internationaux: elle a participé aux négociations de paix d’Ankara, avec Israël; elle est le seul lien direct des Occidentaux avec l’Iran et elle dispose d’une puissance de nuisance au Liban où ses partisans peuvent toujours déstabiliser le pays, a-t-il souligné. Cela peut même être une façon d'aider le Liban.» Et d’ajouter: «La France a vocation à dialoguer avec tout le monde.» Bachar al-Assad devrait donc être un interlocuteur récurrent dans les mois qui viennent.

La France a-t-elle vocation à dialoguer avec tout le monde? A cette question, vous avez répondu ainsi (ici Giljura): «On peut et doit dialoguer avec tout le monde mais on n'est pas obligé de manger ensemble. Doit-on invité tous les monarques, despotes et autres extrémistes à fêter avec nous notre révolution en faisant table rase du passé et en chantant la carmagnole au son de leurs canons.»

Quant à phil921, il s'exprime ainsi: «C'est plus la cravate qu'il doit avaler le pépère Kouchner (vous trouvez pas qu'il a pris un coup de vieux sur les photos), c'est tout le costume et avec les bretelles pour accompagnement. Sérieusement, personne n'a dit qu'il ne fallait pas discuter avec ces gens peu fréquentables, mais nous ne sommes pas obligés de sortir le tapis rouge et tous les ors de la République.» Et Panchito répond, «oui, si des conditions sont posées avant toute forme de dialogue. Dans le cas de la Syrie, arrêter de mettre le feu au Liban où au moins faire des efforts.»

Didouille tente de son côté une explication à cette invitation: «Cherchez pas… on a trouvé du pétrole en Syrie.» Et Brujah lance la sienne: «Pendant qu'on parle de ça, on ne parle pas d'autre chose.»

Et vous, qu'en pensez-vous? Continuez à nous le dire ci-dessous...