IMMIGRATION – L’objectif est d’inciter de manière «coercitive» les immigrés illégaux à rentrer chez eux...
Les pays européens vont renforcer leur lutte contre l'immigration clandestine avec un ensemble de règles pour encadrer l'expulsion des sans-papiers. Ces nouvelles dispositions, qui choquent nombre d’élus européens, doivent s'intégrer dans le «pacte pour l'immigration» préparé par la France, qui prendra
la présidence tournante de l'UE le 1er juillet.
Les règles approuvées par les ministres de l’Intérieur européens concernent quelque 12 millions de ressortissants étrangers résidant dans l'illégalité sur le territoire de l'Union européenne. Nombre d'entre eux sont entrés avec un visa de tourisme et ont décidé de ne plus repartir. L'objectif de ces nouvelles dispositions «coercitives», selon les termes du ministre slovène, est d'inciter les sans-papiers à rentrer volontairement chez eux et de dissuader de nouvelles arrivées.
Détention des clandestins pendant 6 mois maximum
En cas de résistance, les étrangers en situation irrégulière pourront être expulsés et seront bannis du territoire de l'UE pendant cinq ans. Les autorités pourront décider de la détention des clandestins pour une période maximale de six mois. Ils pourront dans certains cas la prolonger jusqu'à 18 mois, notamment en cas de risque de fuite ou de retards pour obtenir des pays tiers les documents nécessaires.
Sans la collaboration de leurs pays d'origine, l'expulsion des clandestins risque d'être vouée à l'échec. «Des lois ne dissuaderont pas les immigrants illégaux, mais le développement économique dans leurs pays le fera», a affirmé le chef du gouvernement espagnol José Luis Zapatero dans un entretien publié jeudi par le «Financial Times».
«Réintroduire ce qu'il y avait d'humain dans ce projet de directive»
Le projet, approuvé jeudi par les ministres de l'Intérieur de l'UE, doit encore être avalisé par le Parlement européen pour entrer en application. «Je présuppose que le Parlement européen votera favorablement», a déclaré le ministre slovène de l'Intérieur, Dragutin Mate, président en exercice de ce conseil des ministres de l'UE jusqu'à la fin du mois.
Différents groupes politiques du Parlement ont néanmoins exprimé de sérieuses réticences, selon l'eurodéputée socialiste française Martine Roure, dont le groupe a préparé plusieurs amendements. «Si les amendements passent, alors on réintroduit ce qu'il y avait d'humain dans ce projet de directive», a-t-elle plaidé. Elle reconnaît toutefois que «la partie sera difficile», car toute modification du texte par les députés imposerait aux Etats membres de nouvelles négociations qui pourraient prendre des mois.
Avec agence