CRISE ALIMENTAIRE - Les 193 pays présents au sommet à Rome, encore en négociations, pourraient boucler leurs débats sur des accords «peu ambitieux»...
Au terme de trois jours de débats, c’est sur un accord relativement timide que devait se clôturer
le sommet de la FAO à Rome. Les 193 pays s’engagent à lutter «par tous les moyens» contre la crise alimentaire qui a provoqué des émeutes de la faim. Ils devraient aussi promettre plus d'investissements dans le secteur agricole afin d'augmenter la production et la productivité. Des mesures qui ne règlent cependant pas les questions délicates…
Avant même la publication de la déclaration finale, des déceptions ont émergé parmi les participants, notamment au sujet des subventions et des
biocarburants. En effet, elle pourrait se limiter à la mise en place d'un «système d'évaluation» des bioénergies afin de mieux connaître leur impact sur la sécurité alimentaire. Des mesures jugées peu ambitieuses pour le ministre italien des Affaires étrangères qui s’est étonné que les Etats ne soient pas parvenus à se mettre d’accord. Au centre des débats, les biocarburants étaient désignés comme un des principaux responsables de la hausse des prix des denrées. Mais les Etats-Unis et le Brésil, principaux producteurs mondiaux d’agrocarburants, ont fait infléchir les débats.
Pour un commerce agricole «plus équitable»
Autre grand sujet de controverse, les politiques commerciales (subventions, restrictions à l'exportation) qui défavorisent les pays les plus pauvres. La formule retenue, - a minima- a été celle en faveur d’un commerce agricole «plus équitable».
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a d’ailleurs dénoncé les «politiques alimentaires qui appauvrissent les voisins» et appelé les pays membres de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à trouver rapidement un accord de libéralisation du commerce agricole. Une position partagée par plusieurs pays d'Afrique, des ONG, et même les chefs de l'OMC et de la Banque mondiale qui ont eux aussi appelé à l'abandon de ces politiques. Quant à l'Union européenne, elle a défendu ardemment sa Politique agricole commune (PAC).
Cuba a d’ailleurs profité de l’occasion – comme souvent dans les forums internationaux sur l’alimentation- pour exiger de la déclaration qu’elle mentionne un «droit à l’alimentation». La Havane a souhaité comme mesure une interdiction d’utiliser les aliments «comme arme de pression unilatérale» autrement dit, une condamnation de l’embargo américain sur Cuba.
V.Z avec Agence