ITALIE - Au deuxième jour des débats du sommet de la FAO...
«J'invite les dirigeants à quitter Rome avec un engagement précis, et à l'appliquer avec urgence», a insisté le secrétaire général de l'ONU ce mercredi matin
au sommet de l'organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Ban Ki-moon a annoncé qu’il fallait trouver 15 à 20 milliards de dollars par an pour vaincre la faim dans le monde.
Objectif: stimuler la production agricole et la productivité. Des idées qui rencontreraient un «large consensus» selon John Holmes, le coordinateur de la cellule spéciale sur la crise alimentaire de l'ONU.
17 millions pour la FAO, 6 milliards pour la Banque mondiale
Ainsi, la FAO a annoncé avoir lancé une «initiative d'urgence» de 17 millions de dollars. «Ces fonds serviront à couvrir les besoins immédiats des petits agriculteurs dans certains pays parmi les plus pauvres: il s’agit de semences, d’engrais, d’outils agricoles et d’autres intrants pour assurer le succès des campagnes agricoles en 2009 et stimuler ainsi la production agricole», a expliqué l'agence basée à Rome.
Accusé d'avoir négligé l'agriculture, le directeur de la Banque mondiale a, quant à lui, annoncé qu’il avait l'intention d'accroître son effort de 50%, le portant à 6 milliards de dollars l'an prochain.
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Le Programme alimentaire mondial (PAM) a lui aussi annoncé le déblocage d'une enveloppe supplémentaire de 1,2 milliard de dollars. Au lieu de distribuer de la nourriture, le PAM entend désormais donner à la population de l'argent. «Nous voyons les marchés pleins de denrées alimentaires et des gens qui n'ont pas les moyens de les acheter», a indiqué la directrice exécutive du PAM Josette Sheeran.
La Banque islamique de développement (BID) devrait quant à elle, allouer 1,5 milliard de dollars à des programmes de soutien à la distribution d'aide alimentaire aux pays les plus pauvres.
Limiter la spéculation
Ban Ki-moon a également appelé à s’attaquer à la hausse des prix. L’Italie a proposé la création d'une banque qui régulerait les prix des denrées – en créant des stocks à utiliser en cas d'urgence.
Autre piste, la levée des restrictions commerciales aux exportations. Si les pays émergents peuvent vendre leurs productions à des prix élevés, ils seront moins pénalisés. «Une opportunité pour développer une agriculture mondiale», souligne le président de la Banque mondiale Robert Zoellick.
Enfin, toujours pointés du doigt, les biocarburants. Ban Ki-moon a estimé qu'il fallait plus de «recherche et d'analyse» sur ces derniers, afin de mesurer leur impact sur la crise alimentaire.
Valérie Zoydo