Sommet de la FAO: les biocarburants et les subventions agricoles sur la sellette

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Publié le 3 juin 2008.

CRISE ALIMENTAIRE - Une cinquantaine de chefs d'Etat et de gouvernement se retrouvent pendant trois jours à Rome...

Les controverses sur les biocarburants et les subventions agricoles ont dominé ce mardi l'ouverture du sommet de la FAO à Rome. En préambule, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon avait rappelé l'objectif de cette réunion entre grands dirigeants de la planète: une augmentation de 50% de la production agricole pour faire face aux besoins d'ici 2030.

Ban Ki-Moon a appelé à «un plus grand degré de consensus international sur les biocarburants». Le président brésilien Luiz Ignacio Lula da Silva, dont le pays est le deuxième pays producteur d'éthanol après les Etats-Unis, a rétorqué que «les biocarburants», qui sont soupçonnés d'aggraver la flambée des prix des denrées alimentaires, «n'étaient pas des bandits». Ils peuvent «au contraire devenir un outil important pour sortir les pays de l'insécurité alimentaire».
   

Le président égyptien Hosni Moubarak, dont le pays est touché par les émeutes de la faim, a déclaré qu'il fallait «freiner la production de biocarburants», en lançant un appel pour «un dialogue urgent entre importateurs et exportateurs de produits alimentaires et énergétiques». Le président du Sénégal Abdoulaye Wade a par ailleurs accusé mardi à Rome la FAO d'assister les pays en développement comme «des mendiants», affirmant être «déçu» par l'organisation de l'ONU sur l'alimentation et l'agriculture.

Les subventions agricoles sont également sur la sellette. Dans son discours d'ouverture, Ban Ki-Moon a appelé les «nations à ne pas être tentées par des politiques alimentaires qui appauvrissent les voisins». «Certains pays ont limité leurs exportations ou ont imposé des mesures de contrôle des prix. Ces politiques qui nuisent aux pays voisins ne peuvent pas fonctionner. Elles ne font que créer des distorsions de marché et contribuent à faire encore grimper les prix».

Une tribune pour Mahmoud Ahmadinejad


La France, qui peut se sentir visée par ces accusations, a répondu par l'intermédiaire de Nicolas Sarkozy: «Il faut mettre le paquet sur l'agriculture des pays en voie de développement», a martelé le président de la République, en plaidant pour le dévelopemment des «agricultures vivrière locales». Au passage, il a épinglé les grands organismes internationaux (FMI, Banque mondiale, Banque africaine de développement...), sans les citer qui ont encouragé les PVD à intensifier des cultures d'exportation (comme le coton), au détriment des cultures vivrières.

Profitant de cette rare tribune en Occident, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad s'est livré à une attaque contre l'ONU, appelant à régler la crise en dehors de cette instance. «Comment les mécanismes de l'ONU peuvent-ils améliorer la situation alors que certaines puissances imposent leurs décisions au Conseil de sécurité et l'instrumentalisent?», a-t-il lancé.

>> Le sommet de la FAO est à suivre toute la journée sur 20minutes.fr...
V.G. (avec agence)
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